La Chambre d'agriculture de la wilaya de Tizi Ouzou a organisé, lundi dernier, une journée sur les bonnes pratiques de l'huile d'olive au niveau du village Tala Gahia dans la commune d'Aït Aïssa Mimoun, située dans la daïra d'Ouaguenoun, à une vingtaine de kilomètres au nord du chef-lieu de la wilaya.Cette journée destinée à accompagner les producteurs d'huile d'olive dans les opérations de récolte est organisée dans le cadre d'un programme de partenariat avec le Programme d'appui au secteur de l'agriculture (Pasa) de l'Union européenne. Des techniciens et des experts du domaine ont expliqué aux citoyens venus à la place du village, les meilleures pratiques de récolte et de transport de ce produit jusqu'à l'huilerie. En fait, le Pasa est un projet dédié au renforcement de trois filières stratégiques en Algérie: les filières dattes, olive et maraîchage (piment et pomme de terre). Lancé en octobre 2018 pour une durée de 4 ans, le programme est cofinancé par l'Union européenne.
Lancé justement dans l'objectif d'arrimer les connaissances des producteurs d'huile d'olive locaux aux pratiques en cours, actuellement, dans les plus grands pays producteurs comme l'Espagne, la Grèce et la France, ce programme est appelé à pallier le manque d'expertise des ingénieurs et autres techniciens des services agricoles qui peinent à réussir ce défit lancé depuis deux décennies. Le programme Pasa de l'Union européenne ne peut exister que parce que l'expertise locale est défaillante. Car du point de vue financier, il est évident que les enveloppes mobilisées par les pouvoirs publics bien avant et bien après ce programme, sont énormes. Mal exploitées, ces sommes mobilisées ne se voient pas sur le terrain en matière de développement de ces filières qui continuent de souffrir de l'amateurisme. Aujourd'hui, les pouvoirs publics comme les citoyens, portent de grands espoirs sur ce programme, pour apporter une meilleure expertise et voir enfin l'oléiculture prendre son essor.
En effet, le Pasa peut avoir un impact positif sur l'objectif de modernisation de la filière oléicole en Algérie. L'expérience des pays producteurs qui dominent le marché mondial, actuellement, est très nécessaire pour notre oléiculture locale qui reste encore tributaire des méthodes traditionnelles de récolte et de trituration. Toutefois, ce programme européen qui vise à apporter de l'expérience, va sans nul doute buter sur les mêmes résistances sociales qui font que l'oliveraie locale ne peut pas passer à une culture et exploitation de masse. En Kabylie, chaque famille possède son propre verger. Ce même verger est appelé à subir la division à chaque génération. Pour être actuellement réduit à une dizaine d'oliviers pour chaque famille.
Ce phénomène rend les campagnes de sensibilisation et autres stratégies de modernisation inefficaces, car il est plus difficile d'agir sur ce grand nombre de petits exploitants, que sur des grands exploitants qui possèdent de grands vergers capables de recevoir et d'appliquer les procédés modernes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com