Les importantes quantités de neige tombées avant-hier sont venues comme pour donner le coup de grâce à certaines régions déjà fortement éprouvées par la première tempête. Des villages entiers sont, pour ainsi dire, «assignés à résidence» par la poudreuse qui a enveloppé par ses ourlets toute la Kabylie.
En haute montagne, les cris de détresse se multiplient. Les échos qui nous parviennent d'un peu partout n'augurent pas une amélioration du moins dans les heures à venir, soit durant la validité du dernier BMS émis par les services météo. La situation va de mal en pis, et les aides, avons-nous appris, n'arrivent pas dans certaines régions où l'épaisseur de la neige a bloqué même la progression des engins de déneigement.
Dès les premiers jours de la tempête, les pouvoirs publics ont mis en place une cellule de crise qui devait se pencher sur la situation et étudier son évolution d'heure en heure.
C'est pourquoi, durant la journée d'hier, nous nous sommes rendus au siège de la wilaya pour nous enquérir de la situation et de l'état des lieux auprès de cette cellule de crise. Une immense salle rectangulaire, située au deuxième étage du siège de la wilaya, fait office de siège de la cellule de crise. A l'intérieur, trois fonctionnaires d'un certain âge, dont une femme, assis autour d'une grande table. Ils s'affairaient devant des tas de papiers.
Au moment de notre arrivée, une réunion se tenait entre différents responsables de plusieurs secteurs, afin de répertorier les doléances des citoyens et des comités de village.
Au même moment, d'autres membres qui constituent cette cellule de crise s'affairaient à recueillir les moindres détails qui leurs parvenaient d'un peu partout.
«Tout ce que nous pouvons vous dire, c'est que la situation s'est nettement améliorée ces derniers jours, en dépit des chutes importantes de neige de ces dernières 24 heures», nous a déclaré l'une des trois personnes présentes dans le bureau décrit plus haut.
Cette première information est aux antipodes de celles qui nous parviennent des hautes montagnes. Cependant, on continue de s'informer sur la situation telle qu'elle est vue à partir de ces bureaux d'où on ne peut apercevoir que le stade Oukil Ramdane. Notre interlocuteur poursuit d'un ton presque monotone, tout en griffonnant sur un papier :
«Les grands axes routiers sont dégagés. 460 engins publics sont sur le terrain depuis presque deux semaines maintenant. Ils assurent l'ouverture des routes dans les quatre coins de la wilaya.
Il ne reste que quelques petites brettelles », dira-t-il avant de préciser : «Il ne reste que les cols, à l'image de celui de Tirourda, à Illiltène, et de Chellata, à Ath Ziki, qui sont toujours bloqués». «Les cols ne peuvent être dégagés que par la nature !», précise la femme présente dans le bureau.
Le tableau qu'on nous a présenté prête à une évolution remarquable de la situation. En ce qui concerne le courant électrique, qui a connu de sérieuses perturbations, où des régions entières ont été plongées dans le noir des jours durant, y compris le chef-lieu de la wilaya, on nous a indiqué que le réseau est entièrement rétabli : «L'ensemble des moyens de Sonelgaz, qu'ils soient humains ou matériels, sont mobilisés sur le terrain.
Aucune panne n'a été enregistrée ces derniers jours, hormis quelques soucis sur la basse tension au niveau de quelques régions qui sont dus à une surconsommation. D'ailleurs, les coupures qui nous ont été signalées ne durent que quelques heures en général».
Isolement et dégâts considérables
En fait, des régions entières sont toujours isolées. Avant-hier soir, une caravane composée de six véhicules qui acheminaient des aides aux populations d'Ath Ziki, caravane que dirigeait l'imam de la mosquée de la Nouvelle ville, a rebroussé chemin au lieudit Chaoufa. La raison ' Les véhicules ne pouvaient plus avancer à cause de l'épaisseur de la neige. Même les engins qui étaient sur les lieux sont restés bloqués, nous ont indiqué des membres ayant pris part à la caravane.
Aussi, des centaines de poteaux électriques ont été emportés par les glissements de terrain et les avalanches en haute Kabylie. Des milliers de foyers du flanc sud sont restés sans eau potable à cause d'un glissement de terrain qui a emporté les canalisations de transfert d'eau à partir du barrage Koudiet Acerdoun, d'autres n'ont pas d'eau à cause du gel de cette dernière dans les robinets, comme c'est le cas à Michelet.
Par ailleurs, en dépit de la distribution d'environ 40 000 bouteilles de gaz butane ces trois derniers jours à Tizi Ouzou, cette quantité reste largement insuffisante. Les citoyens passent les nuits à la belle étoile devant les dépôts de gaz en quête d'une bonbonne de gaz nommée désir.
En outre, le sort des familles qui ont vu leur demeure effondrée reste inconnu pour le moment. Quelques-unes sont recasées dans des établissements scolaires et d'autres sont hébergés par des proches.
Les établissements scolaires demeurent toujours fermés à travers l'ensemble des localités de la wilaya. Idem pour l'université Mouloud Mammeri où les examens sont reportés à une date ultérieure. Même le complexe industriel de l'Eniem n'a pas ouvert ses portes depuis le début de la tempête. En somme, la Kabylie est tombée de Charybde en Scylla.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour Igoudjil
Source : www.letempsdz.com