De notre correspondant à Tizi-Ouzou
Lakhdar Siad
Globalement, la situation sanitaire des populations de la région de Kabylie laisse à désirer. On ne compte pas les manques, et chaque diagnostic du secteur qu'il émane de l'administration ou bien de parties indépendantes appelle des interventions urgentes des responsables de tutelle qui arrivent mal à cacher les doléances des malades et de leurs parents en proie aux aléas des services hospitaliers bien en dessous des normes exigées. Les normes sont souvent foulées aux pieds. Alors on soigne comme on peut.
Pourtant avec un peu plus de volonté, les malades de la wilaya de Tizi Ouzou n'auraient pas à subir tant de tracasseries et seraient mieux pris en charge à condition d'apporter des modifications à la carte sanitaire locale par la réalisation de structures sanitaires de volume important qui correspondent au nombre d'habitants et de revoir le mode de gestion du secteur à l'échelle locale. Parce que la ressource humaine de qualité existe, même si elle est de plus en plus tentée de partir vers d'autres établissements de l'intérieur du pays ou bien s'installer carrément à l'étranger à la recherche de meilleures conditions de travail, de respect et de considération pour le métier noble. Combien de fois a-t-on entendu réitérer la demande de réalisation d'un deuxième CHU à Tizi Ouzou tant celui déjà existant (il date de l'époque coloniale comme la plupart des structures étatiques encore utiles) étouffe sous le poids du flux de malades qui viennent de plusieurs wilayas du pays pour des soins adéquats. Mais que peut un personnel réduit avec des moyens limités devant l'ampleur de la demande en actes médicaux divers, souvent spécialisés ' Et que dire aussi de la quasi-totalité des localités de la wilaya de Tizi Ouzou dépourvues de structures de soins adéquates ou s'il s'en trouve sont dans un état intenable ne servant que de décor pour amplifier les chiffres des bilans positifs suivis des éternelles «contraintes» qui freinent ce développement factice de la santé que ressentent des responsables concernés. Il n y a pas longtemps, l'administration a même reconnu la fermeture de plusieurs structures de santé de proximité pour entre autres raisons invoquées la difficile tâche de sécuriser les lieux et les personnels affectés ! Alors en plus de l'insécurité qui leur gâche la vie, les villageois doivent crever doucement en attendant un improbable médecin pour les ausculter. En effet, lors d'un conseil de wilaya de Tizi Ouzou consacré au secteur de la santé, il a été fait état de la fermeture de dix-sept salles de soins, dans les daïras d'Azzefoun (5), Draâ Ben Khedda (3), Ouacif (4), Iferhounène (4) et Azazga (1) sur les 268 que compte la wilaya de Tizi Ouzou pour divers motifs. Les auteurs du même constat avaient relevé que ces salles de soins souffraient bien souvent du manque de médecins généralistes, de médecins spécialistes, d'ambulanciers, sont sous équipées et fonctionnent avec un matériel désuet. Pour rappel, la wilaya de Tizi Ouzou compte 57 polycliniques, 268 salles de soins et sept (7) établissements publics de santé de proximité (EPSP) à Azazga, Boghni, Draâ El Mizan, Azeffoun, Aïn El Hammam, Larbaâ Nath Irathen et Tigzirt avec une capacité globale de 1124 lits. Elle dispose aussi de deux établissements hospitaliers spécialisés (EHS) de gynécologie obstétrique (82 lits) à S'bihi et de psychiatrie à Oued-Aïssi (330 lits). Cela dit, le CHU Nedir Mohamed de Tizi Ouzou, considéré comme une structure régionale, qui soigne quelque 400 malades par jour originaires de Bgayet, Bouira, Boumerdès, Tizi Ouzou et bien d'autres wilayas, n'arrive plus à répondre avec la qualité de soins qu'on lui connaît à la nombreuse demande et de plus en plus exigeante. Alors, où et comment soigner un malade qui n'est pas admis dans l'une des rares structures de santé de niveau de la région de Kabylie ' Et dans peu de temps, on se posera peut-être la question «par qui» '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L S
Source : www.latribune-online.com