Tizi-Ouzou - A la une

Une association de médecins se prépare à une éventuelle 4e vague



Très active dans le domaine de la formation, Amejjay (le médecin), une société savante regroupant les médecins généralistes du secteur libéral de la wilaya de Tizi-Ouzou a organisé, hier, une journée thématique sur le Covid-19.«Une manière de préparer nos adhérents à l'éventualité d'une nouvelle flambée épidémique du coronavirus», expliquera le Dr Assam, président de «Amejjay», indiquant que son association entend, ainsi, s'engager sur le front de la prévention, en alertant sur les risques et les contraintes que rencontrent les professionnels dans le cadre de prise en charge de cette maladie. D'autant plus, prévient-il, que «la nouvelle vague annoncée risque encore de faire beaucoup de victimes, en raison du relâchement de la vigilance constatée parmi les citoyens et de la faiblesse du taux de vaccination.» De nombreux médecins généralistes du secteur libéral, et même ceux exerçant dans les structures de santé publique, ont pris part à cette journée scientifique, qui s'est tenue à l'auditorium de l'EHS cardiopédiatrique Yacef-Omar de Draâ-Ben-Khedda. La pathologie (Covid-19) a été abordée sous divers aspects par les spécialistes qui ont mis l'accent sur l'actualité et les différentes approches (et contraintes) thérapeutiques qui sont de mise, à la lumière de l'expérience acquise par les soignants dans le cadre de leur prise en charge des victimes de cette épidémie.
«Covid-19, exploration et thérapeutique» est le thème abordé par le professeur Hameg du CHU de Tizi-Ouzou. Le spécialiste a mis l'accent sur l'aspect diagnostic et la réponse thérapeutique ciblée qui doit être apportée par le médecin. Il mettra en évidence la difficulté qui se pose à ce dernier, en l'absence, en l'état actuel de la recherche médicale, d'un traitement type et approprié. Il invitera ses confrères à éviter les prescriptions approximatives qui peuvent, de fait, avoir des effets délétères et entraîner des complications.
D'autres sujets qui sont au c?ur de l'actualité épidémiologique liée au coronavirus ont été abordés, successivement par le Pr Derrar de l'Institut Pasteur d'Algérie qui est intervenu par visioconférence (vaccination Covid-19), le Pr Ouarab du CHU Béni Messous (Covid et comorbidités), le Pr Benala, pédiatre au CHU Béni Messous ( le Covid chez l'enfant), syndrome post-Covid (Pr Tebaibla, CHU Béni Messous)... Le Dr Termoul de l'association Amejjay a, quant à lui, fait part, dans son exposé, des conclusions d'une enquête statistique réalisée par la même association. L'objectif de l'étude établie sur la base d'un questionnaire adressé à un panel de médecins est de déterminer le rôle, l'expérience et les contraintes vécues au jour le jour par les médecins généralistes dans le contexte de la crise sanitaire liée au coronavirus «Nous avons cherché à savoir et à faire l'état des lieux, identifier les contraintes et les difficultés des praticiens libéraux dans le cadre de la prise en charge de la Covid-19», nous explique le Dr Assam.
Le praticien révèle que «la situation a été vécue douloureusement par les médecins libéraux durant les trois vagues précédentes. Nous étions sur deux fronts : d'abord, face à la maladie elle-même, avec les risques et les contraintes que celle-ci pose aux professionnels qui ont beaucoup souffert de la dégradation de la relation thérapeutique du fait que beaucoup de citoyens sont dans le déni de la maladie, refusant de la reconnaître». «Ensuite, ajoutera-t-il, les médecins libéraux ont été ignorés et livrés à eux-mêmes face à la maladie par l'autorité sanitaire qui ne nous a pas intégrés dans le système de prévention mis en place». Déplorant, dans ce sens : «Nous n'avons pas été destinataires du protocole de soin mis en place . Nous avons travaillé seuls avec les moyens du bord.» Les médecins de ville qui se sont impliqués par la force de choses dans la lutte contre le fléau sanitaire « ont été obligés de chercher l'information ailleurs», déplore encore le Dr Assam, reconnaissant que la situation s'est améliorée dans le domaine des connaissances (protocole médical et informations liées à la maladie) à partir de la troisième vague épidémique. «Les médecins se sont aguerris, ils ont beaucoup appris à l'épreuve du terrain. Nous nous sommes adaptés en matière de prise en charge. Même si, nuance-t-il, il subsiste encore des contraintes». Evoquant la perspective d'une quatrième vague, notre interlocuteur avoue ne pas âtre rassuré. « La situation épidémiologique n'est pas encore totalement stabilisée. Elle risque de se dégrader rapidement, en raison du déni persistant de la maladie par beaucoup de citoyens qui hésitent à se faire vacciner. Ceci, en plus du non-respect des mesures barrières», regrette Dr Assam qui insiste sur les vertus préventives de la vaccination. « En l'absence d'un traitement, la vaccination constitue, pour l'heure, un bouclier protecteur (prévention) contre le coronavirus», alerte le médecin. «Il a été constaté que dans beaucoup de cas, les personnes décédées ou touchées sévèrement n'ont pas été vaccinées. A contrario, on a constaté que les personnes vaccinées, quand elles sont contaminées, ont développé des formes légères ou atténuées », argue le Dr Assam. « La vaccination protège», lance-t-il, enfin, à l'endroit du grand public.
S. A. M.
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