Tizi-Ouzou - A la une

«Une approche spécifique pour chaque région»



«Une approche spécifique pour chaque région»
L'engagement et le travail des enseignants, le climat, l'éloignement, les conditions sociales et d'enseignement sont les paramètres qui expliquent le classement de certaines wilayas en bas de l'échelle concernant la réussite au bac. C'est ce qu'a déclaré Mme Nouria Benghebrit, ministre de l'Education nationale, dans l'entretien qu'elle nous a accordé, précisant que son défi majeur est la qualité. Elle refuse l'école au rabais et plaide pour une adaptation des programmes aux spécificités de chaque région, en soulignant que la mobilisation sociétale autour de l'école dans la wilaya de Tizi Ouzou est l'une des raisons principales qui lui a permis d'obtenir le meilleur taux de réussite au bac.- Depuis quelques années, les mêmes wilayas obtiennent les plus mauvais taux de réussite au bac. Avez-vous une explication à ce classement en bas de l'échelle 'Plusieurs paramètres peuvent expliquer ce classement en bas de l'échelle. L'engagement et le travail des enseignants, le climat, les conditions d'enseignement dans certaines wilayas du pays? Bref, il va falloir adopter une approche plus spécifique à chaque région. Parfois, dans ces mêmes wilayas qui sont en bas de l'échelle, il y a des établissements qui se démarquent en enregistrant des résultats assez intéressants. Un conclave entre les directeurs de wilaya est prévu vers la fin du mois de juillet, justement pour discuter des raisons de cet échec et trouver les solutions adéquates. Les formules sont aussi nombreuses que diverses et peuvent même être introduites à partir du cycle primaire.L'exemple de réussite le plus frappant a été constaté dans un établissement à Idles, une localité assez isolée de Tamanrasset, qui a amélioré ses résultats scolaires dès l'ouverture d'un internat, en raison de l'éloignement. Il y a aussi le problème du logement des enseignants, on doit trouver des formules en conjuguant tous les efforts et faire en sorte que l'acte d'enseigner se fasse dans de bonnes conditions, et soit celui du confort. Il faut insister et même beaucoup sur ce volet. Il y a une maturité et une prise de conscience qui nous permettent aujourd'hui d'engager des réflexions sérieuses sur les méthodes et les moyens d'amélioration de la qualité de l'enseignement à travers un calendrier scolaire mieux adapté aux situations.- Comptez-vous vous attaquer à la qualité de l'enseignement 'Evidemment. C'est un défi auquel nous faisons face. Pas seulement en Algérie, mais partout dans le monde, on évoque ce défi de la qualité de l'enseignement. Nous ne voulons plus d'une école au rabais. Nous avons les moyens de revoir l'acte d'enseigner qui doit être adapté aux réalités environnementales, climatiques et sociales. Il faut juste un consensus au niveau local autour des changements afin qu'ils puissent être opérés dans les meilleures conditions.Ce qui est rentable et bénéfique pour une région pourrait ne pas avoir nécessairement les mêmes effets dans une autre région. Raison pour laquelle j'ai plaidé pour une adaptation des programmes selon les spécificités de chaque wilaya, voire de chaque région au sein d'une même wilaya.Nous pouvons, par exemple, ouvrir les établissements durant les week-ends, reculer ou avancer les heures d'enseignement dans les villes à forte chaleur, créer des internats dans celles confrontées à l'éloignement, permettre aux enseignants d'accéder plus facilement aux formules de logement, etc. Vers la fin de ce mois-ci, lors des assises de l'éducation, sept ministres ont été conviés pour prendre part aux réflexions.Avec le ministre de l'Enseignement supérieur, nous essayerons de voir pourquoi il y a beaucoup d'échecs lors de la première année universitaire. Avec le ministre de la Formation, nous pourrons discuter des meilleures formules permettant d'orienter les élèves qui échouent vers des métiers avec des possibilités d'obtenir un emploi. Bref, lors de ces assises, plusieurs ateliers sont prévus et devront traiter de thèmes précis liés au système d'éducation, sous tous ses volets, afin de sortir avec une feuille de route qui permettra de faire le saut qualitatif tant espéré.- Comment expliquer que certaines wilayas, comme Tizi Ouzou par exemple, obtiennent toujours de bons résultats 'En fait, ce taux de réussite est à lier au niveau de l'engagement des enseignants mais aussi des parents. C'est l'une des rares wilayas, où le préscolaire touche 95% des enfants. L'autre facteur de réussite est cette mobilisation sociétale par rapport à l'école. Vous n'avez qu'à voir ce qui se passe lors des grèves des enseignants. Ces derniers ne travaillent certes pas dans les établissements, mais ils donnent des cours de soutien aux élèves et les parents sont très impliqués dans le suivi du cursus au sein des écoles. Ce sont cette ambiance et cet engagement collectif qui font que le taux de réussite est très élevé. Ce qui pourrait être utilisé comme exemple à encourager, à renforcer et à exporter vers d'autres wilayas.- Quel avenir pour les 49% de candidats qui n'ont pas obtenu le bac 'Sortons de cette vision étroite qui consiste à fermer toutes portes de réussite en dehors de l'université. Ne pas avoir son bac ne veut pas dire la fin du monde. Nous avons des avantages extraordinaires qui ne sont sans doute pas éternels. Mais ils sont là à travers ce système de formation et d'apprentissage totalement quadrillé, qui ouvre de larges perspectives et permet aux stagiaires d'avoir une chance d'emploi avant même d'obtenir le diplôme. En plus de cette possibilité de bénéficier d'une formation et d'un apprentissage, les recalés au bac ont la possibilité de repasser l'examen en suivant des cours par correspondance ou en tant que candidats libres. Il faut mettre l'accent sur ces opportunités pour les rendre plus visibles.


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