Tizi-Ouzou - A la une

Un village en métamorphose



Les travaux effectués pour la propreté des différents quartiers permettent de mesurer la ferveur et l'engagement des habitants de ce village perché sur les hauteurs de la commune d'Illoula Oumalou.Sous l'impulsion de ses deux comités, celui des hommes d'un côté, et celui des femmes de l'autre, le village Aït Aziz (commune d'Illoula Oumalou, Tizi Ouzou) se mobilise chaque jour depuis plusieurs mois pour faire de leur village un véritable joyau. L'idée de participer à la prochaine édition du village le plus propre semble donner des ailes aux habitants et aiguise plus que jamais leur appétit.
Les travaux effectués, jusque-là, pour la propreté des différents quartiers de ce village permettent déjà de mesurer la ferveur et l'engagement des habitants de ce village perché sur les hauteurs de la commune d'Illoula Oumalou, dans la région de Bouzeguène.
Le premier défi relevé est naturellement celui de la propreté et de l'éradication totale du fléau des déchets domestiques et des sachets en plastique.
Sur les routes bétonnées ou recouvertes de pavé, pas même le moindre mégot ou emballage ne salit le sol. Samedi dernier, une journée d'information et de sensibilisation pour la protection de l'environnement et la promotion de la biodiversité a été organisée dans ce village.
Le comité de village procède également à la distribution de paniers en alfa pour en finir définitivement avec l'utilisation de sachets en plastique. L'embellissement du village a également atteint un niveau des plus appréciables, et les habitants disent être convaincus que le prix du village le plus propre est déjà à portée de main.
"C'est le fruit de plusieurs mois d'initiation des citoyens au tri des déchets à la source et pour la promotion de la biodiversité", explique Madjid Mahloul, président de l'association Tezdeg (la propreté).
Vendredi 4 juin, le comité, accompagné par l'ensemble des femmes actives du village et par les nombreux invités, a effectué une tournée à travers les nombreux quartiers du village.
L'objectif est d'expliquer aux hôtes les étapes franchies pour atteindre un environnement sain, sa détermination à faire de ce village un symbole de propreté et d'assurer aux villageois un cadre de vie agréable.
La visite débute par une tournée vers le haut du village où sont construits les réservoirs d'eau potable. On traverse le cimetière des martyrs où sont bâties les 90 tombes des martyrs de la guerre d'indépendance.
Un lieu hautement symbolique pour les habitants de ce village qui a sacrifié environ 30% de sa population, de 300 habitants, à l'époque de la guerre. Sur le sommet, des réservoirs de 100 m3 y ont été bâtis. "L'eau captée depuis les années 60 n'a jamais manqué aux villageois.
Elle coule H24. Cependant, en période de grandes chaleurs, on procède au rationnement, non pas parce qu'on manque d'eau, mais pour faire inciter les ménages à faire des économies. Pour cela, on fixe un rationnement à 20 l par personne gratuitement. Au-delà, un prix symbolique sera appliqué sur la base d'un relevé de compteur.
Pour les cérémonies de fête, les autoconstructeurs (maçonnerie), le dallage, etc. c'est gratuit", soutient un membre du comité de village tout en nous faisant visiter le nouveau centre de tri en cours de réalisation par l'APC dans le cadre du PCD.
"Dès sa mise en service, nous allons mettre le cap sur l'éradication de toutes les décharges sauvages", assure, sur place, un jeune universitaire titulaire d'un master en parasitologie. Le centre, non encore achevé, comprend une bâtisse d'environ 10 m de longueur, séparée en trois parties et abritant quelques caisses de compostage.
Le centre comprend également une cage d'incinération en béton armé d'environ 2 m3. Sur le même chemin, un groupe de femmes s'affairait à désherber un talus. Non loin, l'on découvre une vieille maison utilisée comme refuge par les combattants de l'ALN. " C'est un patrimoine historique.
Le colonel Amirouche et tous ses compagnons ont séjourné plusieurs fois dans cette maison", lance un membre du comité, avec une pointe de fierté, précisant qu'aujourd'hui une partie de cette chaumière, bien entretenue, sert d'étable dans son soubassement alors que la salle, rustiquée de bouses de vache, est utilisée pour élever le métier à tisser.

KAMEL NATH OUKACI
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