Tizi-Ouzou - A la une

Un test démocratique



Le 15 octobre prochain, des élections locales partielles seront organisées dans les wilayas de Béjaïa et Tizi Ouzou. Le nombre de communes concernées par cet acte électoral n'est pas significativement important pour influer en quoi que ce soit sur les équilibres politiques locaux. Ce scrutin partiel n'est donc pas porteur d'un enjeu politique, mais poursuit le simple objectif de donner à des centaines de milliers de citoyens l'opportunité d'élire leurs représentants à l'échelle des communes pour donner à celles-ci les outils juridiques d'une gestion optimale des affaires de la cité. Il y a lieu de souligner à ce propos qu'une commune gérée par une délégation wilayale accordée à un fonctionnaire ne dispose pas de tout l'éventail de prérogatives d'une Assemblée populaire communale, dûment élue par les habitants de ladite commune.Cela pour dire, qu'aux plans strictement légal et juridique, le scrutin du 15 octobre prochain est rendu nécessaire pour des considérations de gestion locale, appelée à se conformer à la loi pour un maximum d'impact positif sur la vie des citoyens. Il est effectivement prévu dans le texte de loi sur les élections un rappel des électeurs d'une région donnée en cas de non- validation du vote au moment de la tenue des élections. Pour le cas précis des élections partielles du 15 octobre prochain, l'administration devra passer la main à des élus, choisis par les citoyens des communes concernées pour se conformer à la réglementation en vigueur.
Cela étant dit, même si l'objectif poursuivi par la loi est simplement en rapport avec le fonctionnement optimal des communes, le prochain scrutin n'en a pas moins une charge politique, puisqu'il fera immanquablement intervenir plusieurs partis, ainsi que des listes indépendantes représentant la société civile. L'autre aspect qui colore le prochain vote d'une teinte politique, tient justement à la non-validation des résultats lors des élections locales de juin 2021. On se souvient en effet que la non-tenue du vote dans ces communes était le fait d'un empêchement physique ou d'un climat délétère imposé par des activistes qui militaient pour le boycott.
Plus d'une année après les faits, le causes qui ont amené le fiasco électoral dans ces communes sont totalement dépassées. On retiendra le déploiement de la Justice dans le dossier de l'activisme politique violent. Il a été signalé des arrestations ciblées de quelques têtes de file du radicalisme militant dans la région. Depuis, il semble que la situation se soit nettement améliorée. Les citoyens des communes concernées auront finalement le dernier mot. Le taux de participation, bien qu'il ne soit pas déterminant dans la validation de l'acte électoral, peut apporter des éclaircissements quant à l'état d'esprit de l'électorat dans les deux wilayas. Il convient de souligner le très faible taux de participation aux dernières élections locales dans l'ensemble de la région de Kabylie. En cela le scrutin partiel du 15 octobre prochain est un test probant sur l'évolution de la pensée politique au niveau des citoyens lambda.
Cela pour l'aspect factuel qui entoure le décret présidentiel annonçant la tenue de ces élections. Sur le fond, la décision d'organiser des élections dans quelques communes seulement représente une réelle avancée pour l'Algérie, même si ce n'est pas un précédent dans les annales du pays, puisque l'Algérie a déjà eu à organiser des élections partielles dans les deux wilayas. Il faut savoir, à ce propos, que le premier scrutin «extraordinaire» devait corriger les législatives de 2002 qui s'étaient tenues dans un contexte extrêmement difficile au plan politique, en plein printemps noir. À l'époque, on comptabilisait plusieurs morts dans des manifestations qui avaient secoué toute la Kabylie. Les élections avaient été très largement boycottées, entamant sérieusement la crédibilité des élus de la région au sein de l'APN. Il était difficile d'imaginer une Assemblée populaire nationale amputée de députés des wilayas de la Kabylie. Cet épisode crucial de la vie de la nation confère au scrutin législatif pareil une dimension éminemment politique, voire stratégique pour la cohésion nationale.
Le vote du 15 octobre prochain n'a certainement pas la même prétention. La question est, disons-le, strictement technique. Mais elle n'en montre pas moins une volonté des pouvoirs publics d'appliquer la loi avec rigueur. Celle-ci prévoit de permettre, en toute circonstance, aux citoyens d'élire leurs représentants à toutes les Assemblées du pays. Il reste à savoir comment les électeurs concernés par le scrutin réagiront à cette annonce. Sans préjuger du taux de participation ou encore de l'ambiance de la campagne électorale ou des jeux de coulisses pour la constitution des listes de candidature, on peut d'ores et déjà imaginer que la scène politique locale dans les 6 communes sera très animée.
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