Tizi-Ouzou - A la une

Un stand-up plat, un théâtre de l'absurde magistral La Belgique trébuche, la Jordanie cartonne au 4e Ftib



Un stand-up plat, un théâtre de l'absurde magistral                                    La Belgique trébuche, la Jordanie cartonne au 4e Ftib
Photo : Sahel
De notre envoyée spéciale à Béjaïa
Wafia Sifouane

Pour l'avant-dernière soirée de la 4e édition du Festival international du théâtre de Béjaïa, le public a eu droit à deux représentations successives dans la grande salle du théâtre Abdelmalek-Bouguermouh. Bien que l'entrée se fasse sur invitation, il y avait une véritable cohue devant les portes du bâtiment parce que le public s'est quand même déplacé en nombre, manifestant un intérêt qui s'est affiché depuis le début du festival. Programmé à 20h, le premier spectacle sera un monologue - encore un - de Sandra Zidani qui a présenté un stand-up portant le titre on ne peut plus éloquent : Retour en Algérie. Le rideau se lève, Sandra apparaît sur scène vêtue d'une longue robe, avec des ailes. Le costume et le texte suggèrent qu'il s'agirait d'une personne décédée. Il n'en est rien. Sandra opère un retour en arrière pour nous raconter son premier voyage à destination de Tizi Ouzou, la terre de ses ancêtres. Coup du sort, le jour de son départ, la Belgique, son pays d'accueil, est paralysée par la neige. Les vols sont annulés et elle se retrouve coincée à l'aéroport. L'attente se prolonge. L'esprit, vidé par la fatigue et le désappointement, flotte. Sandra fait un voyage en elle-même. Elle cherche à comprendre son désir de revoir son pays natal. De rencontre en rencontre, l'expatriée se met à l'écoute des autres et à la découverte de ses plus profonds sentiments. Des chansons, forme d'interlude en fond sonore, donnent au stand-up les caractéristiques d'un spectacle de salle et non de théâtre. La comédienne n'a d'ailleurs pas réussi à accrocher son public. Son spectacle comme sa présentation ont eu du mal à séduire. Les spectateurs n'ont pas interagi avec la comédienne malgré ses efforts et l'énergie qu'elle déploiera. Sandra Zidani a été victime d'une mauvaise programmation. Concernant le second spectacle, il est produit par la troupe du théâtre régional de la Jordanie. Intitulée Juste la fin du monde, cette pièce est écrite par Jean Luc Lagarce et mise en scène par Nabil Al Khatib. Inscrite dans le genre du théâtre de l'absurde, la pièce à la scénographie envahissante et au texte complexe relate l'histoire de Louis qui revient chez sa famille après dix ans d'absence. N'ayant donné aucun signe de vie durant sa longue absence, le revenant vient annoncer à sa mère, son frère et sa s'ur qu'il va bientôt mourir à cause d'une grave maladie. Cependant, la rencontre ne se passe pas comme prévu. En effet, les membres de sa famille ont gros sur le c'ur. Chacun d'entre eux à des reproches à faire à Louis, ne lui donnant guère l'occasion de s'exprimer. Les personnages, un par un, se lancent dans des monologues. Les histoires se croisent et s'entremêlent. Mais la tristesse constitue leur lien commun. Le texte est fort et beau. Le dramaturge à joué sur l'utilisation des verbes en les répétant au présent, futur et conditionnel. Quant à l'interprétation des comédiens, elle est tout simplement magistrale. Toutefois, harassés, les spectateurs n'ont pas pu apprécier la pièce qui a été programmé à 22h, après une longue journée de festivités. Encore une bourde de l'organisation. Inscrite au répertoire de la Comédie-Française, Juste la fin du monde est en phase de devenir un classique du théâtre francophone, contemporain apprend-on.
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