Le Palais du gouvernement
Les grèves qui ont affecté pêle-mêle des secteurs aussi sensibles que l'éducation et surtout la santé publique ne pouvaient-elles pas être désamorcées en temps opportun, avec une bonne anticipation des risques et l'amorce d'un dialogue constructif'...
Le remaniement, dont a bruit la rue à de multiples reprises, n'est pas intervenu. Pourtant, les problèmes se sont accumulés sur la table du Premier ministre et, dans bien des secteurs, il a fallu recourir à des solutions palliatives, voire même aux cautères sur les jambes de bois. Raison pour laquelle, d'ailleurs, la rumeur qui n'est pas toujours aussi sournoise qu'il y paraît a pu proliférer. On sait dans quelles conditions l'équipe gouvernementale a été formée comme on sait aussi que le changement n'a pas été, en fin de compte, aussi conséquent qu'on l'espérait.
C'est dans des conditions de plus en plus moroses que l'opinion publique a commencé à s'inquiéter, de façon légitime d'ailleurs, sur des méthodes de gestion parcimonieuses et plus enclines à répondre au coup par coup aux défis qui surgissent, ici et là, qu'à agir selon un programme méthodique. Depuis, la situation n'a cessé de se compliquer dans plusieurs domaines, de sorte que l'incompréhension qui court est de savoir, désormais, pour quelles raisons le remaniement est ainsi reporté au point de devenir la question qui fâche.
Faut-il énumérer tous les défis qui se posent dans de multiples secteurs, exigeant une prescience qui semble si difficile à atteindre' Les grèves qui ont affecté, pêle-mêle, des secteurs aussi sensibles que l'éducation et surtout la santé publique ne pouvaient-elles pas être désamorcées en temps opportun, avec une bonne anticipation des risques et l'amorce d'un dialogue constructif, à même de couper l'herbe sous les pieds des apprentis-sorciers d'un syndicat connu pour sa propension à appliquer la stratégie de la terre brûlée, en l'occurrence l'école algérienne, qui plus est sinistrée' De récents exemples sont là, édifiants à plus d'un titre, comme ces manifestations de Tizi Ouzou et Bouira pour une revendication évidemment manipulée. Il aura fallu que le président Bouteflika intervienne pour calmer les ardeurs d'une jeunesse en mal récurrent d'identité, avec des décisions sur l'officialisation de tamazight et l'inscription de Yennayer comme journée chômée et payée, pour éteindre un incendie que d'aucuns auraient aimé voir s'étendre et ravager une région déjà mal en point. Une telle perspicacité a permis de surmonter des obstacles qui auraient pu miner la situation.
Peut-être y aura-t-il des conséquences lointaines, mais là n'est pas la question. Les multiples défis qui se posent dans certains secteurs paraissent faire les frais d'une «gestion» au jour le jour alors qu'ils exigent davantage d'anticipation et de réactivité. En témoignent les grèves impromptues qui ont affecté, des semaines durant, les hôpitaux et les écoles et dont on peut considérer qu'elles auraient pu être évitées, sinon désamorcées, avec un verbe franc et direct, armé des arguments qui sensibilisent les citoyens, en général, et les parents d'élèves, en particulier.
Bien souvent, on entend déplorer dans les rues et jusque dans les administrations une certaine «passivité» des instruments régaliens de l'Etat.
Et pour cause. Comment ne serait-ce pas le cas lorsque des déclarations graves sont lancées contre tel ou tel, sans que cela ne donne lieu à une quelconque réaction'
Des exemples, il y en a presque toutes les semaines et ils témoignent d'une léthargie que certains «expliquent» par la situation de crise que traverse le pays. Or, c'est parce qu'il y a effectivement cette période de crise économique et que le pays tout entier se trouve à une période charnière de son destin qu'une équipe gouvernementale résolue et dynamique s'avère indispensable pour faire face aux enjeux actuels et futurs.
Que certains secteurs traînent la patte en donnant l'impression de parer au plus pressé illustre bien le marasme dans lequel on se trouve. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, travaille, avec la rigueur et le volontarisme qui le caractérisent, pour accomplir la mission dévolue qui est de concrétiser, dans les délais requis, le programme présidentiel. La préoccupation première qui est celle d'une efficacité et d'une obligation de résultat se trouve apparemment freinée par les insuffisances ou les lacunes de certains.
Dans un contexte marqué par de nombreuses interrogations sur la manière dont la crise actuelle est abordée, le meilleur moyen d'affronter les prochaines échéances serait de faire valoir d'une manière générale les critères déjà évoqués de l'efficacité et de l'obligation de résultat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chaabane BENSACI
Source : www.lexpressiondz.com