Tizi-Ouzou - A la une

Un placard



Un placard
Fuite n Des centaines de hadjis originaires des quatre points du pays ont été obligés de fausser compagnie à leurs surveillants pour s'installer définitivement en Jordanie et en Palestine.Les jeunes d'aujourd'hui qui n'ont aucune idée de l'immense placard dans lequel vivaient leurs aînés et leurs grands-parents, seraient sûrement stupéfaits d'apprendre que pendant l'occupation les musulmans ne pouvaient pas se rendre à l'étranger c'est-à-dire dans un pays hors de l'Hexagone. Et pour cause :Ils étaient censés ne rien y faire. En fait, la délivrance des passeports se faisait au compte-gouttes et n'était réservée qu'aux Européens. Un musulman qui désirait obtenir ce document était longuement interrogé, suspecté et surveillé. Le pouvoir français ne voulait à aucun prix que ses colonisés, au contact des étrangers n'éprouvent des velléités de liberté et de démocratie. Au point d'ailleurs que les pèlerins aux Lieux Saints de l'islam étaient sélectionnés par les services de sécurité en fonction de leur allégeance à la France, en fonction de leur loyauté, de leur comportement pendant les Première et Deuxième Guerre mondiales et, bien sûr, du nombre et de la qualité de leurs médailles arrachées sur les champs de bataille.Malgré ces gardes-fous, ces hadjis étaient sérieusement encadrés par des supplétifs, qui notaient scrupuleusement leurs moindres faits et gestes en Arabie saoudite.Des centaines de hadjis originaires des quatre coins du pays ont été obligés de fausser compagnie à leurs surveillants pour s'installer définitivement en Jordanie et en Palestine.Aujourd'hui, n'importe quel citoyen peut avoir son passeport en quelques semaines et se rendre dans n'importe quelle partie du globe.Il n'y a pas un pays où les Algériens n'y ont pas mis les pieds.Quelques-uns même y sont installés depuis longtemps.Comme ce pâtissier à Brazaville, au Congo, dans les années 60, comme ce jeune déménageur parti de Tizi Ouzou en 1980 et qui a aujourd'hui pignon sur rue au Cap en Afrique du Sud. Nos compatriotes n'ont plus peur de s'expatrier et connaissent la planète sur le bout des doigts.Un Algérien a même planté le drapeau national au pôle Nord, où il faisait partie d'une équipe de chercheurs français. Afin d'échapper au bagne colonial qu'était devenu leur pays, beaucoup d'Algériens avaient, à l'époque, utilisé la filière de la «harga» pour y parvenir.Des familles entières se sont installées près d'Oujda au Maroc, à Tunis et sa banlieue aussi. Un vieux Kabyle a même réussi l'exploit de s'installer en Amérique dans les années 1900.Le musée de l'émigration possède son nom, son prénom et même sa photo.


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