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Un patrimoine menacé de disparition



Un patrimoine menacé de disparition
Les berceuses et chansonnettes amazighes que fredonnaient jadis les mères pour endormir leurs enfants ou faire cesser leurs pleures est un patrimoine qui est aujourd'hui menacé de disparition, a déploré mardi à Tizi-Ouzou une enseignante universitare, Laârit Messaouda.Intervenant lors d'une une table-ronde sur la littérature amazighe organisée dans le cadre d'un premier colloque sur «la poésie populaire amazighe», l'enseignante au département de langue et littérature arabe de l'université Mouloud Mammeri a souligné que ces berceuses constituent un «pan important» de la culture algérienne et démontrent, en l'exprimant clairement, la place qu'occupe l'enfant dans la société. L'enfance étant «l'étape importante qui forge la personnalité de l'individu», la littérature amazighe lui a accordé, dès sa naissance, une attention particulière en lui consacrant des chansonnettes composées de textes simples à langage direct sans métaphores, a-telle expliqué. Pour Mme Laârit, ces chansonnettes sont destinées principalement à faire endormir les bébés ou à les calmer quand ils pleurent, mais aussi à leur apporter de la joie, de la tendresse et de l'apaisement. Elles comportent aussi un volet éducatif à travers des vers qui abordent le lien affectif entre la mère et son enfant. Certains de ces poèmes sont truffés de références géographiques, faunistiques et floristiques, alors que d'autres racontent le quotidien de la communauté tout en exprimant le souhait de voire l'enfant grandir dans la joie, la bonne santé et la richesse. La récitation de quelques-uns de ces poèmes, collectés par une étudiante encadrée par Mme Laârit dans la région des Ath Jennad, tel que «Holla Holla», «Tsouha» et «Arssed Arssed Ayidhess», ont attiré l'attention d'un bébé présent dans la salle qui s'est mis aussitôt à chantonner joyeusement «Holla Holla» dans les bras de sa mère, ce qui n'a pas manqué de charmer l'assistance et de lui rappeler l'importance de ces berceuse dans la vie d'un môme. «Malheureusement, le mode de vie actuel a fait que ces chansonnettes sont de moins en moins utilisées par les femmes. Les mères qui travaillent, n'ont plus de temps pour bercer leurs enfants et les nouvelles technologies ont pris la place de la maman», a déploré Mme Laârit qui a insisté sur la nécessité de colleter ce patrimoine et de le préserver.
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