Tizi-Ouzou - A la une

Un médiateur judiciaire désigné Le procès des 39 travailleurs de la laiterie de Draâ Ben Khedda renvoyé au 26 janvier



La chambre commerciale du tribunal de Tizi Ouzou a renvoyé jeudi dernier l'affaire des 39 travailleurs de la laiterie de Draâ Ben Khedda au 26 janvier prochain. D'ici là, un médiateur judiciaire désigné tentera de trouver un terrain d'entente entre les deux parties en conflit, le repreneur de l'ex-Orlac et les employés.
A l'appel de leur collectif, les employés de la laiterie, en grève depuis le 9 octobre 2011 pour revendiquer la reprise par l'Etat de l'unité de production, ont organisé avant-hier un sit-in devant le tribunal en guise de soutien à leurs collègues traduits en justice.
Des citoyens, des représentants de la société civile, des syndicalistes, des militants des droits de l'homme mais aussi de partis politiques comme le fédéral du Front des forces socialistes (FFS) à Tizi Ouzou Farid Bouaziz, ont tenu à répondre présents.
Des banderoles sur lesquelles on pouvait lire «Non au harcèlement judiciaire», «Pour la défense des droits des travailleurs et des citoyens» et «Jugez les tricheurs !» ainsi qu'un grand emblème national ont été accrochés à la clôture du tribunal.
Le dispositif sécuritaire a été renforcé. «Ne laissez rentrer que les 39 concernés !» ordonne un policier à son collègue devant la porte principale du tribunal. À la sortie des accusés accompagnés du collectif d'avocats, les travailleurs scandaient : «Commission d'enquête !
Commission d'enquête !» Maître Youcef Sahli du collectif d'avocats bénévoles, constitué par le bureau de wilaya de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH), nous dira que «le procès est une affaire politique». C'est pourquoi, ajoute-t-il, la condamnation en instance des 39 travailleurs à payer au repreneur la somme de 4,8 milliards de centimes au titre du préjudice causé à l'usine par la grève, en plus d'un milliard de centimes de
dommages et intérêts «est une décision de justice politique». Pour lui, «la chambre commerciale n'est pas compétente pour traiter cette affaire, car il ne s'agit pas de commerçants mais d'employés».
Au sujet de la grève que la justice «n'a jamais déclaré illégale», précise notre interlocuteur, «c'est un sursaut d'intérêt général pour sauver un bien du peuple que les travailleurs ont fait». Et d'ajouter : «Au lieu que l'Etat intervienne pour assumer ses responsabilités, voilà que ce sont les employés qui interviennent».
«Nous allons demander un audit technique, car le repreneur n'a pas respecté le cahier des charges», indique-t-il. Quant à la mission du médiateur judiciaire, Maître Sahli dira que ce dernier «tentera de rapprocher les deux parties jusqu'au 26 du mois en cours et de trouver un terrain d'entente.
Si ses conclusions n'aboutissent pas à une solution à l'amiable, la procédure judiciaire se poursuivra». En outre, se référant à l'article 76 de la loi de finances 2010, l'avocat de la défense estimera que «l'Etat a le droit de reprendre la laiterie du moment que le P-DG n'est qu'un gérant ayant signé un contrat de cession et qui n'a ni acte de vente, ni acte de propriété».
De leur côté, les travailleurs ont indiqué qu'ils resteront mobilisés et déterminés jusqu'à «l'aboutissement» de leur combat.
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