Tizi-Ouzou - A la une

Un lourd fardeau



Conséquence - Dans une société qui se dit puritaine, naître sous x constitue un réel drame aussi bien pour la mère que pour l'innocent nouveau-né.Ce dernier doit faire face à un besoin de clarification sur des questions qui restent, souvent, sans réponses. Des interrogations qui demeurent à jamais posées en l'absence de tout indice sur le père comme sur la mère. En accouchant sous x, la mère célibataire recherche l'anonymat dans l'espoir de pouvoir se reconstruire. Par peur et par panique, elle se sauve de l'hôpital aussitôt l'accouchement terminé. Une décision que beaucoup d'entre elles ont prise, contraintes. Le désespoir, la souffrance, la peur d'être jugée et pointée du doigt ne leur laissent point le choix. Le géniteur est, quant à lui, inexistant, introuvable, puisque rares sont ceux qui acceptent d'endosser la responsabilité de leur erreur.
Né de père et de mère inconnus, cela sous-entend une marginalisation à vie, ce qui n'est pas le cas des orphelins qui sont aimés et protégés. Dans cette descente aux enfers, les victimes ne demandent qu'à connaître leur identité. Ce qui est quasiment impossible sans certaines dispositions à même de renforcer l'article 44 du code de la famille.
Aujourd'hui, la reconnaissance de la paternité passe obligatoirement par le contrat de mariage. Les autorités refusent, jusque-là, de mettre en place un texte de loi obligeant les pères biologiques à passer au test ADN pour confirmer l'identité des enfants désireux de connaître leur filiation. Parmi les raisons invoquées, la possibilité de recours de certains parents à l'expertise scientifique au moindre doute sur la filiation de leurs enfants. Une décision qui pourrait détruire bien des foyers, selon les défenseurs de cette thèse.
Il n'en demeure pas moins que la kafala, à elle seule, ne suffit pas à stopper ce phénomène, en pleine expansion. On parle de cinq enfants abandonnés par semaine, rien que pour la wilaya de Tizi Ouzou. Un tabou que la société n'ose toujours pas briser pour laisser libre cours aux réflexions sérieuses et positives et mettre, enfin, un terme aux interprétations, souvent désobligeantes, de l'homme de la rue. Pour les uns, l'explosion du nombre des enfants nés sous x, ces derniers temps, trouve son origine dans l'absence d'une éducation sexuelle. Pour les autres, cela est étroitement lié à la perte des valeurs socioculturelles algériennes, au retard de l'âge de mariage et à la passivité des autorités dans le traitement de ce genre d'affaires.
Dans cette situation, déjà complexe à la base, l'enfant mis sous kafala a besoin de plus qu'une prise en charge sociale et financière. Il est en quête d'une valorisation et de son droit de vivre avec dignité. Outre la filiation, des voix se sont élevées pour appeler les autorités à développer une autre filiation sociale affective qui prime sur la filiation biologique dans le but de garantir au kafil le droit à l'héritage, entre autres.
Pour le président de la Forem, le professeur Mustapha Khiati, «il est urgent de renforcer le traitement de ce problème à ses deux extrémités, éducation sexuelle, en aval et assouplissement des procédures de kafala et l'identification ADN systématique des géniteurs, en amont». Il préconise, dans ce cadre et en vue de faciliter les opérations de takaful, la création d'un réseau informatique national.
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