Tizi-Ouzou - A la une

Un joyau à protéger absolument



Le Parc national du Djurdjura (PND) est un jardin naturel s'étalant sur une superficie de 18550 hectares. Il est à cheval sur deux wilayas, Bouira et Tizi-Ouzou. En 1997, l'Unesco a décerné pour ce parc le titre de réserves de biosphère. Une classification obtenue grâce à sa richesse en faune et en flore, notamment l'existence de plusieurs espèces millénaires dont quelques-unes en voie de disparition. « C'est un milieu de grande importance naturelle, mais fragile», souligne le directeur du parc, Ahmed Dahmouche. Le même responsable affirme que le souci majeur dans la gestion de cet espace énorme demeure sa protection des diverses agressions, si volontaires, soient-t-elles ou par méconnaissance de la conduite à tenir par les visiteurs. Là, le directeur a fait allusion au changement climatique, la surfréquentation touristique, le cheptel en divagation, etc.C'est pourquoi, enchaîne Ahmed Alillèche, le PND table essentiellement sur la sensibilisation du grand public, «il nous est indispensable d'arriver à inculquer la vraie culture de la protection de l'environnement chez les citoyens», affirme-t-il. D'où l'organisation régulières de ces activités scientifique et de sensibilisation avec les milieux scolaires et surtout universitaires. Le parc ajoute-t-il organise régulièrement des formations au profit des étudiants, notamment des universités des villes limitrophes, à savoir Tizi-Ouzou, Béjaïa, Boumerdès et Alger. Les formations dispensées aideront les étudiants à être en contact avec la nature (la faune et la flore). Les formations se font sur le terrain, au coeur du parc. Ahmed Alilleche cite quelques thèmes déjà pris en charge par le PND au profit des étudiants, à savoir comment conserver les corps des animaux trouvés morts, les techniques de parler en public (sensibilisations de masse), boisement et reboisement, nettoyage, désherbages et les meilleures conduites à tenir devant les animaux sauvages pour ne pas influencer leur comportement naturel et autres workshops en rapport.
Notre visite au PND était justement à l'occasion de l'organisation d'un concours interuniversités, auquel ont participé les universités de Bouira, Tizi-Ouzou, Boumerdès et Béjaïa. C'était, pour nous une aubaine pour discuter avec des étudiants et leurs professeurs, à propos de la relation PND-universités. Pour Mme Malil, enseignante au département d'écologie, de la faculté des sciences biologiques et agronomiques de Tizi-Ouzou, les gestionnaires, sur le terrain, du PND et les laboratoires de recherches des universités doivent travailler étroitement, en vue de trouver ensemble des solutions aux problèmes majeurs de l'environnement, notamment d'éventuels déséquilibres aux aires protégées tel que le tourisme de masse, la fréquentation anarchique des sites protégés, la destruction des habitats naturels, etc.
Pour sa part, le professeur Leïla Bendifallah, de la faculté des sciences de Boumerdès, note que «ce genre de concours nous permet de mettre en valeur nos programmes de formation dispensée à l'université et également d'évaluer le niveau de nos étudiants dans des situations professionnelles réelles. La même enseignante revient sur les conventions de collaboration signées entre les directions des services agricoles et l'université, en vue d'accompagner les agriculteurs lors de la visite de leurs exploitations agricoles. Enfin, Aziz Hamdani, professeur à la fac de Bouira affirme que l'université demeure le réservoir du savoir, qu'elle est en mesure de contribuer grandement à tous les domaines d'activité à l'extérieur, affirme-t-il. Toutefois le même enseignant estime que l'environnement extérieur à la fac, tous domaines confondus, ne sollicitent pas l'apport des laboratoires des universités. «L'université dispose de labos et de chercheurs en mesure d'apporter des solutions à plusieurs soucis rencontrés sur le terrain par les professionnels, dans diverses spécialités», déclare-t-il.
De leur coté, les étudiants présents ont exprimé solennellement leur joie de participer à ce genre d'activités; «ce sont des exercices dynamiques» font-il savoir, à l'université nous n'avons pas toujours la chance de nous rapprocher autant de la richesse de notre biosphère, laissent-ils entendre.
Enfin, le directeur du PND et l'ensemble du personnel y exerçant, notamment les chargés de formation et de communication entre autres Ahmed Alilleche, reviennent explicitement sur la nécessité absolue de protéger ce Parc national. Ils rappellent, à cet effet, que c'est un espace naturel vierge composé de plus de 1675 espèces dont 1242 espèces végétales et 433 espèces animales. Plusieurs espèces phares vivent au Djurdjura, à l'image du singe Magot, le cèdre de l'Atlas et même l'espèce endémique «le pin noir de la station de réserve de Tikdjda, unique au monde», affirme le directeur du parc. Le PND est un laboratoire à ciel ouvert pour les recherches scientifiques et fondamentales, sa préservation est plus que jamais recommandée.
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