C'est la saison des cerises et le même spectacle désolant réapparaît sur les routes de la wilaya de Tizi Ouzou. Des jeunes prennent place aux abords des autoroutes et des routes à grand trafic pour vendre ce fruit noble, dans des conditions lamentables. Le spectacle dément tous les discours des services concernés qui prétendent travailler pour le développement de l'agriculture. Le spectacle de la cerise qui se vend sur les trottoirs met surtout à nu l'incapacité ou l'absence de volonté de développer ces filières relevant de l'agriculture de montagne. Pendant ce temps, les services concernés s'occupent d'imposer à la wilaya la culture céréalière qui, elle, relève de la vocation des wilayas des Hauts-Plateaux et du Sud. En fait, une tournée sur les routes renseigne suffisamment sur les dégâts que les autorités locales refusent de voir. Pourtant, la wilaya de Tizi Ouzou, selon les dernières statistiques remontant à 2020, produit 60% de la cerise vendue en Algérie. Un potentiel qui se noie dans le marché noir, car les mêmes services reconnaissaient que seulement 4% de cette production sont vendues à travers les circuits légaux. Des statistiques qui montrent la gravité de la situation de ce fruit noble.Pourtant, la solution est toute simple, selon les producteurs eux-mêmes. Interrogé, un producteur nous apprend qu'ils sont en attente d'un marché pour les produits du terroir. Les pouvoirs publics n'arrêtent pas de promettre ce fameux marché, qui tarde à voir le jour. Pis encore, d'autres producteurs affirment souffrir des maladies qui déciment chaque jour les cerisaies locales. Dans certaines régions, la production a été réduite à néant par ces maladies.
Toujours au chapitre des difficultés, les producteurs appellent les pouvoirs publics à reprendre l'organisation des foires et des salons, qui représentent l'un des meilleurs moyens de vente de leur production. Après plus d'une année d'arrêt, à cause de la pandémie de Covid-19, ces derniers estiment qu'il est temps que ces manifestations reprennent, afin de permettre aux producteurs de respirer. Questionnés sur les prix, nombre de vendeurs expliquaient que la vente sur les routes est l'unique moyen d'écouler la production et que le prix de 1 500 dinars ne suffit même pas à couvrir les frais de leur travail effectué durant toute l'année.
C'est pourquoi, aujourd'hui, ces derniers appellent de leurs voeux que la filière soit incluse sérieusement dans les programmes de développement de l'agriculture. La cerise, qui pourrait devenir un produit phare pour l'exportation, se trouve encore à se vendre sur les trottoirs à des prix inabordables pour les petites bourses qui ne font que regarder en passant. Mais en attendant des jours meilleurs, la cerise poursuit sa descente aux enfers. Alors que dans les années 70 et 80, la wilaya de Tizi Ouzou possédait plusieurs fêtes dédiées à ce fruit, il n'en reste, aujourd'hui, aucune trace malgré les quelques initiatives qui vivent l'espace d'une année avant de disparaître.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com