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Trois entités et aucune prise en charge Passe-temps culturels des enfants



Trois entités et aucune prise en charge                                    Passe-temps culturels des enfants
Photo : M. Hacène
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati
Les enfants ont-ils le temps d'avoir des passe-temps ' Une question qui aurait pu être posée avant le changement de week-end dans notre pays et avant que le ministère de l'Education nationale ne décide de réduire la semaine à cinq jours, pour des raisons extra-pédagogiques. Avec un programme scolaire archi-condensé, les écoliers n'ont même plus le temps ni l'énergie de faire leurs devoirs ni réviser leurs cours à la maison, après leur sortie des classes à 17h30. Alors si les enfants n'ont même pas du temps à consacrer à leurs leçons, comment en trouveraient-ils pour des activités culturelles et artistiques, la culture et l'art étant considérés depuis longtemps comme un luxe ' Surtout que l'école algérienne a fini par les abandonner au profit du bourrage des crânes.
Pourtant, l'école est la première institution à pouvoir initier les enfants à la culture. Pour Kateb Yacine, ce ne sont pas les enfants qui doivent aller vers la culture mais le contraire. Aujourd'hui, non seulement la culture ne se déplace pas vers les enfants, mais, pire encore, elle les fuit comme la peste. Et plus le temps passe, plus elle s'éloigne de ces enfants censés représenter l'avenir de notre pays dans tous les domaines. Dans cette amère réalité, Tizi Ouzou n'est pas différente des autres wilayas du pays. Devant l'impuissance des parents, les pouvoirs publics, impuissants aussi pour le moment, semblent naviguer à vue dans la question de l'offre culturelle en tant que passe-temps pour les enfants. Et entre les parents et les pouvoirs publics, il y a un mouvement associatif impuissant, notamment pour des raisons claires de manque de moyens. Donc trois entités incontournables mais limitées dans leur action. Les fléaux sociaux sont nombreux dans notre société et les jeunes, hier enfants, avaient pour seul passe-temps la violence quotidienne que subissait notre pays. Donc, outre la défaillance de l'école, l'enfant est livré à lui-même, les autorités étant incapables de mener à terme leurs projets d'infrastructures culturelles et d'ôter le cachet bureaucratique et de non-gestion aux institutions déjà existantes, comme les centres culturels et les maisons de jeunes. Ainsi de la maison de la culture Mouloud-Mammeri qui s'est révélée inapte à répondre aux besoins de plus en plus importants en matière d'activités culturelles. De nombreux projets sont inscrits au profit du secteur de la culture dans le cadre du programme quinquennal 2010-2014, et les responsables de l'Etat sont appelés à ne ménager aucun effort pour éviter les retards que connaissent habituellement les projets au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou.Les autorités publiques devraient revoir leur gestion des subventions allouées aux différentes associations, notamment culturelles, et réorienter leur aide aux associations réellement actives qui font de l'enfant l'avenir de notre nation, leur centre de préoccupation. L'Etat doit cesser d'accorder des subventions aux associations dormeuses et celles qui folklorisent la culture pour pouvoir aider celles qui activent dans le sens de la promotion et du développement de la culture. En attendant que toutes ces mesures se mettent en place, l'école algérienne doit redevenir ce lieu de savoir et de connaissance et réconcilier les écoliers avec le monde de la culture.
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