Revendication - L'officialisation de la langue amazighe a été au centre des débats hier, au niveau de l'hémicycle Aïssat-Rabah.En effet, une session extraordinaire, placée sous le thème «Tamazight : langue et culture. Bilan et perspectives» à laquelle ont pris part des directeurs, des responsables locaux et des chercheurs universitaires, s'est achevée par la formulation de la demande pure et simple de la reconnaissance constitutionnelle de tamazight en tant que langue officielle au même titre que l'arabe.
Cette rencontre inédite est à mettre à l'actif du P/APW Hocine Haroun, qui a déclaré d'ailleurs, et dès l'ouverture de la session, que cette dernière s'inscrit dans l'optique de définir l'état actuel de tamazight ainsi que les projections futures que la commission éducation et culture aura à donner à ce propos.
Des rapports et recommandations des représentants de la direction de l'éducation, de la culture, de l'université Mouloud-Mammeri et les acteurs présents lors de cette session qui a abouti à une demande de l'officialisation de la langue amazighe dans la Constitution algérienne et qui sera adressée à qui de droit.
Les avis de l'ensemble des intervenants ont, bien entendu, convergé vers un point commun qui n'est autre que l'inévitable institutionnalisation de tamazight.
Le linguiste autodidacte, Abdennour Abdesselam, dira qu' «après plusieurs décennies d'exclusion, d'ostracisme et de répression caractérisée, la question amazighe enregistre incontestablement des résultats notables». Il juge que «nos citoyens inquiets de plein droit doivent comprendre cependant que la dynamique physique qui a porté légitimement la lutte en son temps et qui malheureusement s'est soldée par un lourd passif humain et des traumatismes non encore totalement surmontés, laisse place aujourd'hui progressivement à une dynamique de production scientifique, culturelle, littéraire et artistique qui conforte et consolide la langue amazighe justement dans la revendication de ses statuts constitutionnels et institutionnels».
En outre, rappelons qu'une réunion sur l'enseignement de la langue amazighe dans les trois paliers, a été organisée par la commission éducation, formation professionnelle et enseignement supérieur de l'Assemblée populaire de wilaya (APW) de Tizi Ouzou, il y a quelques jours et à laquelle ont pris part des membres de la commission et du secrétaire général de l'éducation.
Les participants à cette réunion ont fait savoir que dans l'optique de la généralisation et l'épanouissement de l'apprentissage de la langue amazighe, une note a été adressée à l'ensemble des responsables des établissements éducatifs de la wilaya, leur signifiant la stricte interdiction de délivrer, sous n'importe quel prétexte, des autorisations de dispense de l'enseignement de la langue amazighe. Par ailleurs, le représentant de la direction de l'éducation avait également prévu la généralisation de l'enseignement de cette matière à l'horizon 2018. A cette échéance elle deviendra une épreuve obligatoire bac.
Notons, par ailleurs, que la question de la transcription de la langue berbère n'est pas encore tranchée. Si elle est transcrite en caractères latins dans les wilayas du Centre, elle l'est en caractères arabes à l'Est, comme Batna et en tifinagh dans d'autres wilayas du pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Dalila Imgaline
Source : www.infosoir.com