Beni Zmenzer proteste contre l’insécurité
La commune de Beni Zmenzer, à environ une dizaine de kilomètres au sud du chef-lieu de wilaya Tizi-Ouzou, a vécu ces jours-ci un épouvantable drame: un jeune homme, S. Rachid, âgé d’environ 24 ans, a été assassiné par un groupe de bandits armés.
Aussi les villageois ont-ils, hier mardi, lors de l’enterrement du jeune homme, respecté une grève de protestation contre la montée de l’insécurité. Beni Zmenzer était ainsi totalement fermée! Fermée tout comme les visages de ses habitants qui faisaient état d’une colère difficilement retenue. La mairie, la poste, les écoles ainsi que les boutiques et les cafés ont baissé rideau. D’abord, c’est un acte de solidarité envers la famille du jeune homme assassiné et, ensuite, un cri de désespoir et un appel au secours adressé aux autorités. Le douloureux événement remonte à la nuit de dimanche à lundi quand, réveillé par les cris de sa voisine, une vieille femme, vivant seule, S. Rachid se précipite à son secours. A peine a-t-il mis les pieds dans la cour de la maison de cette vieille, que des brigands, qui étaient en train de cambrioler la maison, ont tiré sur Rachid et l’ont mortellement atteint. L’opération «village mort» de Beni Zmenzer est donc organisée pour alerter les autorités sur la montée des actes criminels dans cette région. Il faut dire que les choses ont empiré avec les événements du printemps noir et la délocalisation des brigades de gendarmerie n’a pas arrangé les choses! Les crimes, les enlèvements avec demande de rançon, les agressions et autres délits ont carrément explosé en Kabylie. Certes, la police a essayé de parer au plus pressé et ouvert des sûretés urbaines dans la plupart des communes, mais en Kabylie les villages sont nombreux et seule la gendarmerie est en mesure de répondre efficacement à cette demande des populations. D’ailleurs, très tôt, les citoyens ont compris les menaces de ce manque de sécurité et bien avant la dernière présidentielle, une pétition circulait en Kabylie pour demander le retour et même le renforcement des brigades de gendarmerie, pétition qui avait à l’époque recueilli plus de 2.000 signatures. Le wali a, lors d’un conseil de wilaya, évoqué la question sécuritaire et promis pour les 67 communes de la wilaya soit une sûreté urbaine soit une brigade de gendarmerie. D’ailleurs, une enveloppe de 127 milliards de DA est réservée à la réhabilitation, à la construction et à l’équipement des infrastructures sécuritaires. On enregistre cependant du retard dans la concrétisation de ce projet, retard imputé au manque d’assiettes foncières. En attendant, ce sont les populations des villages et hameaux isolés et les habitants des communes n’ayant aucune structure sécuritaire qui souffrent le martyre.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com