Pendant que les autorités poursuivent l'opération de recensement des dégâts causés par les incendies à Tizi Ouzou, la société civile multiplie les initiatives pour la prise en charge des urgences humanitaires et environnementales. Si en matière des urgences humanitaires, de nombreuses associations et acteurs de la société civile qui ont mis jusque-là le cap sur la prise en charge des besoins vitaux des populations réorientent désormais leurs efforts vers la prise en charge psychologique des victimes, plus particulièrement les enfants qui devront retrouver le chemin de l'école dans moins d'un mois, en matière environnementale, la priorité est désormais accordée au reboisement des 25 000 ha, dont plus de 5 000 d'arbres fruitiers, ravagés par les flammes, et aussi à la protection du barrage de Taksebt d'un envasement qui se dessine déjà à l'horizon.En ce sens, pas plus tard qu'hier, la Fédération des chasseurs de Tizi Ouzou a lancé un appel à une solidarité nationale pour le reboisement de la région. "Après l'élan de solidarité nationale et sans égal pour venir en aide aux sinistrés de la Kabylie à la suite des incendies ravageurs qui ont détruit plus de 25 000 ha de couvert végétal, dont 8 000 d'arbres fruitiers, il est temps de passer à la phase de reconstruction et de reboisement", lit-on dans le communiqué de la Fédération des chasseurs de la wilaya de Tizi Ouzou (FCTO), qui souligne que cette organisation, qui est forte de près de 80 associations et plus de 20 000 chasseurs, se pose en tant que partenaire dans toute opération allant dans le sens de la réhabilitation de la faune et de la flore locales. "Il est important de souligner que grâce à nos associations et à notre maillage territorial, nous avons déjà entamé des opérations d'agrainage et de création de points d'eau aux quatre coins de notre wilaya et principalement dans les localités les plus touchées par les feux", a annoncé la même fédération, qui dit faire de la diversité biologique l'un de ses objectifs principaux et ne lésinera sur aucun moyen pour y parvenir.
Pour l'enseignante universitaire, Malika Dendane, le reboisement relève d'une lutte à long terme et que, par conséquent, des actions doivent être entreprises en urgence contre l'érosion des sols et ses effets. À ce titre, cette universitaire a lancé un appel d'urgence aux autorités et aux spécialistes, notamment du département des sciences géologiques, pour se mobiliser, afin d'éviter une autre catastrophe naturelle à la région, en général, et au barrage de Taksebt, en particulier.
"Un risque d'envasement du barrage est majeur vu la situation vécue ces derniers jours, après les incendies qui ont fait des ravages, le couvert végétal est absent dans le bassin versant qui alimente Taksebt. Le phénomène géomorphologique d'érosion risque de s'aggraver et de s'accélérer dans les mois à venir", a prévenu cette universitaire qui estime qu'une qualification d'érosion ou des pertes des sols est désormais indispensable en se basant sur la loi universelle de quantification de perte des sols, à savoir la loi de Wischmeier.
"La durée de vie du barrage sera déduite en prenant en considération les résultats obtenus", a-t-elle soutenu, insistant sur l'urgence des premières actions à prendre pour lutter contre le phénomène érosif.
Samir LESLOUS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir LESLOUS
Source : www.liberte-algerie.com