La loi portant mise en conformité des constructions et leur achèvement ne semble nullement susciter l'engouement dans les zones rurales de la wilaya de Tizi- Ouzou, à se fier à cet insignifiant taux de demandes de permis de construire à titre de régularisation particulièrement au niveau des communes montagneuses.
A titre d'exemple, seuls 45 dossiers ont été déposés au niveau de la commune de Maatkas depuis la promulgation de cette loi et jusque-là, seules deux constructions illicites ont été régularisées. Il est à signaler que la plupart des habitations rurales sont «déclarées illicites», et sont considérées en tant que telles, des constructions érigées sans permis de construire, y compris les vieilles maisons. La loi n°08- 15 promulguée le 20/07/2008 fixant les modalités de mise en conformité est si complexe, bureaucratique et onéreuse pour bon nombre de ménages qui n'en veulent point entendre parler «j'ai construit ma maison avec mon argent et dans mes terres, qu'on me laisse en paix avec cette histoire de régularisation qui va me coûter pas moins de 40 000 dinars, pas question de les dépenser car cette somme est une fortune pour moi !», dira fort à propos un paysan, père de famille qui s'en fiche éperdument des pénalités éventuelles «je ne paierai aucun sou !» a-t-il rajouté avec un brin de colère. Il est vrai que la procédure nécessite des plans architecturaux, des expertises en génie civil, des plans de masse… de quoi dissuader d'innombrables ménages qui, quelquefois déjà, trouvent toutes les peines du monde à boucler les fins de mois. Interrogé à ce sujet, le chef de service de l'urbanisme de la commune de Maatkas, Ahmed Slimi, rétorquera : «Nous sommes à la disposition de l'ensemble des citoyens de la commune pour leur expliciter la procédure de régularisation. Nous avons déjà entamé un recensement des constructions illicites et nous avons exhorté leurs propriétaires à se rapprocher de nos services pour ce faire, mais là, c'est vrai que beaucoup n'ont pas les moyens pour le faire, d'autres craignent une imposition fiscale… En somme, pour l'heure, il n'y a pas trop d'engouement des ménages pour cette loi, nonobstant le travail de sensibilisation et de vulgarisation que nous avons mené.» Aussi, même l'opération de recensement des constructions dites illicites n'a touché qu'une infime partie de la commune dès lors que seule l'agglomération du chef-lieu et quelques villages limitrophes ont été visités par une brigade composée d'un représentant de la commune et un autre de la subdivision de l'urbanisme et de la construction (SUC). Mais la commune de Maatkas pourrait se targuer d'avoir toutes les statistiques car le service urbanisme dispose déjà du chiffre du parc communal de logements qui est de 6 579. Un chiffre actualisé chaque année par les techniciens municipaux. En tout état de cause, si l'on se réfère à la réglementation en vigueur régissant l'urbanisme et la construction, la quasi-totalité des habitations en milieu rural est illicite, et assurément ce n'est pas demain que les ménages vont se bousculer aux portes des communes pour se «régulariser».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amayas Idir
Source : www.lesoirdalgerie.com