Tizi-Ouzou - Revue de Presse

« Tizi Ouzou » : Le spectacle en anglais de Taos



La formation théâtrale de Taos Kadhem Yabedri se reconnaît dans les premières gestuelles sur scène, même si le spectacle qu'elle a donné lundi soir à l'auditorium de l'USTO, intitulé « Tizi Ouzou », représente la première expérience de cette américano-algérienne qui a pris le temps, entre 2004 et 2007, avant de retourner aux Etats-Unis, suite à des va-et-vient entre Paris et la ville des Genêts, la localité dont est originaire son père, de s'inspirer de personnages réels mais remodelés par son propre imaginaire. Seule contrainte, le « one-woman » show qu'elle a interprété est en anglais. Il est produit par la troupe Monastir d'Oran animée par Mohamed Yabedri en collaboration avec l'école des langues Sibaweh, d'où une présence du public presque exclusive d'étudiants en anglais, toutes tranches d'âge confondues. Son accent américain ne favorise pas non plus l'adhésion totale au texte mais l'émotion qu'elle communique, entrecoupée de morceaux de chansons kabyles, choisies souvent en fonction des thématiques développées, a suffi pour faire réagir le public de tous les niveaux d'apprentissage. Le secret était de joindre le geste à la parole, et Taos a très bien su jouer avec son corps, un pan de langage à part entière. On pourrait penser un peu à Fellag mais les préoccupations de Taos sont beaucoup plus contemporaines et son avantage, pour une femme élevée ailleurs, est qu'elle n'est pas tombée dans les clichés ou les stéréotypes concernant la société algérienne, y compris la condition de la femme, laissant développer une approche originale.Elle a déclaré, à l'issue de la « performance », avoir l'équivalent d'une licence universitaire en arts dramatiques doublée d'une formation de deux ans au Conservatoire de Paris. Interrogée sur un lien avec son propre vécu, l'artiste a indiqué que, dans l'ensemble, il n'y a pas de relation directe mais que certains aspects peuvent s'y incruster. Quand à la réception, la pièce étant d'abord destinée à être jouée aux Etats-Unis où elle s'est effectivement produite (la programmation à Oran étant un fait exceptionnel), elle a expliqué que les passages qui font rire les Américains ne sont pas forcément ceux qui font rire les Algériens, y compris ceux résidant aux Etats-Unis. Elle compte le proposer dans d'autres pays arabes et européens.
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