Ils sont des milliers d'hommes et de femmes à être employés dans le cadre du filet social. On les trouve dans les administrations, les écoles, les chantiers et dans la voirie.
Certains sont là depuis de nombreuses années. Ils sont employés dans le cadre de l'IAIG (Indemnité des activités d'intérêt général). En fin de mois, ils perçoivent 3 000 DA. Quelle est la personne qui peut vivre, à elle seule, avec 3000 DA/mois ' s'interroge-t-on.
Une jeune mère de trois enfants, employée dans ce cadre au sein d'une cantine scolaire dans la localité de Ouadhias, répond illico : «Nous ne vivons pas ! Nous végétons, c'est tout !». Elle avoue que, «des fois, on se contente de trop peu de chose et on se nourrit des restes des repas servis à la cantine scolaire, dont je prends, personnellement, le soin de ramasser en fin de journée. L'on dit que cette allocation va être portée à 6 000 DA/mois, mais rien d'officiel jusqu'à présent, alors que notre titularisation ne semble pas être pour demain», regrette cette mère de famille dont le mari est au chômage depuis des années.
F. Y. un homme de 35 ans, célibataire, dira qu'il est employé dans le même cadre depuis 5 années. «Ce n'est pas un emploi, mais je nourris l'espoir que je vais être titularisé prochainement en vue de fonder un foyer, pour, au moins, cesser de parasiter mon père». Une autre dame, mère de 4 enfants dont le père est handicapé à 100% et nécessitant des soins quotidiens, avoue que sa famille ne vit que «grâce à la charité de bienfaiteurs. La pension de 4 000 DA/mois de mon mari ne suffit même à l'achat de ses propres médicaments, alors que mon indemnité de 3 000 DA s'évapore en moins d'une semaine. Nous sommes de vrais damnés de la terre , comme dirait Frantz Fanon. Quand je vois les autres fonctionnaires faire grève pour des revendications salariales, je me demande ce que nous devrions faire, nous, pour que notre détresse soit perçue par les hautes autorités'»
Beaucoup de ces personnes travaillent 5 jours sur 7, au lieu de 1 jour sur 2, comme c'est réglementé initialement. Sans la charité, ou la débrouille, de tels chefs de familles ne pourront jamais subvenir aux besoins de ces dernières lorsque l'on sait qu'un sac de 25 kg de semoule, aliment de base, est au prix de 1100 DA, un bidon d'huile de table (5 L) à 600 DA, une bonbonne de gaz butane à 210 DA, sans compter les diverses charges obligatoires (loyers, factures trimestrielles d'eau, d'électricité').
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ait Idir Hocine
Source : www.elwatan.com