Une opération de
recensement des casseurs et des tailleurs de pierre sera lancée dans les
prochains jours en vue de mettre en place un plan de prévention et suivi
médical des ces artisans, telle est la principale recommandation
retenue par les participants à la
journée de sensibilisation sur la maladie de la silicose organisée
vendredi à Tala Bouzrou dans la
commune de Makouda, 20 km au nord de la wilaya de Tizi Ouzou. La rencontre a drainé du beau
monde parmi les habitants et surtout les artisans de la taille de la pierre venus écouter
les explications des médecins spécialistes sur les moyens de protection contre
cette pathologie incurable. Même le débat a été riche pour tous les
participants, notamment pour les artisans qui ont eu des réponses à leurs
nombreuses interrogations quant aux risques de laisser sa vie à cause de cette
activité. La projection d'un
film documentaire traitant la
question sous tous ses aspects a été bénéfique à plus d'un
titre pour sensibiliser davantage, d'autant plus que, parmi ceux qui ont fourni
au réalisateur Youcef Limani leurs témoignages sur leurs souffrances dues à la silicose, ne sont plus de
ce monde. Puis place à une communication de Dr Hammache du CHU de Tizi Ouzou dans
laquelle le problème de la
silicose dans la
région a été bien cerné avec des statistiques à l'appui même
si elle reconnaît qu'un travail d'investigation reste à faire pour dresser une
situation exacte de cette maladie.
Ainsi, nous
apprenons que, sur les 30 malades hospitalisés durant la période de 2007 à 2010, il a été
enregistré six cas de décès et les principaux foyers de silicose de la wilaya de Tizi-Ouzou
restent Tala Bouzrou (Makouda) avec 09 malades atteints dont deux sont décédés
et Azazga qui a comptabilisé 07 silicosés. Ce qui inquiète le plus selon la conférencière est
le fait que certains des malades sont exposés aux risques pendant seulement 05
années mais ils ont rendu l'âme alors qu'auparavant le temps d'exposition
dépassait les 20 années pour que la silicose ait raison de son sujet.
Cela s'explique, selon
Dr Hammache, du fait que les moyens utilisés, notamment la tronçonneuse chez
les tailleurs de pierre, accélère la survenue du handicap respiratoire que provoque la silicose, surtout quand
l'artisan ne se protège pas. Les cas de décès enregistrés ces dernières années
n'ont pas freiné l'engouement des jeunes pour cette activité dans la région de Tala Bouzrou
connue pour ses potentialités en pierre, au contraire, les prix attractifs
quand on sait que le prix d'un mètre carré de pierre brute est entre 2 800 à 3 000 dinars et le
mètre carré de la
pierre taillée se situe entre 4 500 à 5 000 dinars, de
surcroît, la pierre de
cette même région est très cotée sur le marché régional. Dr Hammache a relevé
deux formes dans l'exercice de ce métier qui se fait essentiellement dans
l'informel total, l'une individuelle du côté de Tala Bouzrou, c'est-à-dire les
tailleurs travaillent pour leur compte, alors que dans la région de Azazga, ce
sont des employeurs qui font travailler des jeunes sans qu'ils s'exposent eux
aux risques et ce, au noir. Pour elle, l'activité en question telle est qu'elle
pratiquée est «suicidaire» et un péril pour les jeunes de plus en plus qui y
recourent en l'absence d'autres débouchés d'emploi et que l'urgence est de
lancer une enquête sur le terrain en interpellant les pouvoirs publics afin de
mettre fin aux chantiers anarchiques dans ce domaine.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Naït Ali H
Source : www.lequotidien-oran.com