Tizi-Ouzou - A la une

Tizi Ouzou gronde toujours aussi fort !



Avec ses couleurs et sa foule, le centre-ville de Tizi Ouzou offrait, encore hier, quasiment le même décor, déjà vieux de plus de deux ans. Ils se comptaient, une fois de plus, par dizaines de milliers, et ils étaient toujours aussi déterminés, aussi bruyants et aussi inventifs ceux qui ont envahi la ville, le temps d'un après-midi, pour réclamer un changement radical de système.Il était 13h, comme à l'accoutumée, lorsque les premiers groupes de manifestants sont venus rompre le silence qui s'est emparé de la ville dans la matinée.
C'est devant l'entrée du campus Hasnaoua de l'université Mouloud-Mammeri, d'abord, et sur l'esplanade du stade du 1er-Novembre, ensuite. Aux premiers "Madania matchi 3askaria" qui ont fusé, les quelques fourgons de police en stationnement sur l'itinéraire de la marche allument leur moteur et quittent les lieux. Drapeau national et emblème amazigh commencent à orner les lieux. Les pancartes et banderoles aussi. Les lieux deviennent de plus en plus bruyants.
Chants et slogans se multiplient. La foule grossit à vue d'?il. Elle se nourrit des torrents humains qui arrivent de tous les côtés. 13h30. La foule des grands jours est déjà là, sous un soleil printanier. Prête à montrer à nouveau au monde que six vendredis après la réappropriation de la rue et 110 vendredis après le début de l'insurrection populaire, la détermination du peuple demeure encore intacte et le rapport de force est toujours de mise.
Bien qu'hétéroclite dans sa composante, l'immense foule était, néanmoins, restée globalement unie dans son hostilité au pouvoir dont elle demande le départ depuis le 22 Février 2019, et, entre autres, par sa revendications chère d'un "Etat civil et non militaire" et son rejet évident et unanime de l'élection du 12 juin.
"Stop à votre 3e mascarade électorale", "Non aux élections de la honte. Oui à une transition démocratique", "Etat civil et non militaire", "Pour une justice libre et indépendante", "Nous ne voulons pas de vos élections, nous voulons votre départ", "Pour une Algérie libre et démocratique", "Partez pour qu'on puisse rentrer chez nous" étaient autant de slogans politiques qui ont continué, encore hier, à servir naturellement de ciment au peuple.
Certaines pancartes laissaient apparaître les divergences idéologiques qui traversent la société, mais sans jamais donner lieu à une quelconque tension. En effet, alors que certains brandissaient une banderole mettant dos à dos les laïcs et les islamistes, sur une autre brandie juste un peu plus loin, on pouvait lire plutôt "Ni militaires ni islamistes".
Tout juste derrière les deux, une large banderole déployée d'un bout à l'autre de la rue était là entre les deux portraits d'Abane et de Ben M'hidi pour rappeler le message de la Soummam : "Un Etat algérien sous la forme d'une république démocratique et sociale, et non la restauration d'une monarchie ou d'une théocratie révolue."
La marche d'hier a été également une occasion pour les manifestants de tailler des croupières au ministre du Commerce dont le projet d'arabisation des enseignes commerciales a provoqué la colère de la rue.

Samir LESLOUS
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)