L'industrie du kidnapping rapporte gros
La situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans la wilaya de Tizi Ouzou. Pis encore, elle empire de jour eu jour.
Un grand banditisme finissant par tisser des connexions avec le terrorisme, saigne l'économie locale. En l'espace d'une décennie, la majeure partie des investisseurs a fini par baisser les bras. Selon les chiffres du conseil de wilaya, ils seraient près d'une centaine d'opérateurs à plier bagage.
Les conséquences sont dramatiques à maints égards. La jeunesse est en proie à un chômage endémique qui galope aux environs de 25%. Ce fléau qui sévit n'épargne aucune catégorie sociale. Durant les premières années, il ne touchait en grande partie que les jeunes diplômés des universités. Durant cette période, l'émigration offrait une issue de sortie inéluctable. Elle aura englouti toute une élite chèrement formée qui aurait pu participer à la relance de la machine économique.
Entre le dépit de voir la crème s'évaporer avec l'écume des vagues de la Méditerranée pour atterrir en Europe et outre-Atlantique et l'espoir d'une amélioration, la population locale demeurait dans l'expectative. Les années se succèdent, et la situation ne fait qu'empirer. Le banditisme étroitement lié au terrorisme sévit de manière encore plus sauvage. En effet, ils sont 67 citoyens à avoir été kidnappés. Ce chiffre macabre a été enregistré depuis l'année 2006. Ils sont en grande partie des entrepreneurs et des commerçants.
Ce fléau a, cependant, deux objectifs. D'un côté, les rançons ont servi à maintenir l'hydre terroriste en vie et de l'autre, dissuader les investisseurs de regarder vers la wilaya de Tizi Ouzou. Aujourd'hui, la machine économique dans la wilaya de Tizi Ouzou est complètement à l'arrêt.
Aussi, face à cette situation, plusieurs voix s'élèvent pour venir au secours d'une population qui n'en peut plus. L'Assemblée populaire de wilaya, relayée par plusieurs organismes comme l'Aniref et la Chambre de l'industrie du Djurdjura ont lancé des appels aux plus hautes autorités du pays pour un plan spécial de développement de la wilaya de Tizi Ouzou.
Mais en attendant ce plan, l'environnement économique de la région doit d'abord être assaini affirment plusieurs entrepreneurs. Pour plusieurs raisons, le climat des affaires, lui aussi, n'encourage guère à la venue des investisseurs. Sans diminuer de la capacité de nuisance du banditisme et du terrorisme, il est tout de même admis par les investisseurs eux-mêmes que la bureaucratie atteint des records inégalables dans cette wilaya.
Un simple permis peut prendre des années. L'administration provoque des lenteurs qui démobilisent le plus tenace des investisseurs. Face à cette situation de bureaucratie paralysante, il convient aussi de relever des comportements peu orthodoxes de certains opérateurs. Ils expliquent la domiciliation de leurs entreprises au Registre du commerce dans d'autres wilayas alors qu'ils ont des chantiers à Tizi Ouzou. Cette façon de priver la wilaya d'importantes recettes fiscales est, explique-t-on, due à l'insécurité.Par ailleurs, cette machine économique qui grippe la wilaya trouve des origines dans l'incompétence aussi. Autrement, comment réclamer un plan spécial d'envergure sachant que les budgets alloués accusent des retards de réalisation énormes. A l'issue du dernier exercice budgétaire, les différentes directions réunies n'ont consommé que 2% du budget. Certaines affichaient même l'exploit de 0%.
En attendant des jours meilleurs, la situation ne fait qu'empirer sur les plans économique, social et sécuritaire. La colère des populations gronde. Les fermetures de routes, des sièges de mairie et de daïra, les émeutes qui se multiplient ne sont que des signes d'un gros orage.
Enlisés dans le tourbillon de la bureaucratie, du chômage, des passe-droits, du favoritisme, et de l'insécurité, les citoyens lancent un SOS dans toutes les directions. Mais la patience et l'espoir de solutions tiendront jusqu'à quand'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com