Pas moins de 196 établissements industriels sont classés dans la catégorie des structures à risques sur l'environnement et la vie des citoyens à Tizi Ouzou. Certains d'entre eux sont provisoirement fermés par les autorités.Pas moins de 4984 tonnes de déchets solides et de 2,4 millions de mètres cubes de déchets liquides, appelés déchets spéciaux ou dangereux, posent un sérieux problème environnemental, en l'absence d'un lieu de traitement qui leur est destinés à Tizi Ouzou, selon un rapport de la direction de wilaya de l'environnement, que Liberté a consulté.
Parmi cette importante quantité de déchets, il y a même des produits chimiques quelquefois, entreposés dans des conditions anarchiques et pour une longue durée. Une situation qui perdure depuis vingt ans pour certains produits, selon la même source.
"Les stocks les plus importants sont détenus par le complexe textile de Draâ Ben Khedda et par l'Eniem, qui sont principalement des boues d'hydroxyde métallique, des postes transformateurs et des huiles PCB", a relevé la direction de l'environnement dans son rapport, tout en expliquant qu'en l'absence de station de traitement, les unités détentrices sont, toutefois, dans l'obligation de déclarer les quantités de déchets générées.
Pour ce qui est de la localisation des activités industrielles dangereuses, la direction de l'environnement a affirmé que des prospections ont été faites dans ce sens. "Les unités industrielles qui présentent une menace pour les riverains et l'environnement ont été identifiées et inventoriées. On les dénomme les établissements à risques, qui sont au nombre de 196", a-t-elle rapporté, expliquant encore que des contrôles réguliers de ces unités ont été effectués.
Dans ce sillage, elle a dévoilé que ces inspections se sont soldées, jusqu'en octobre 2021, par 33 mises en demeure et notifications de réserve et par 17 fermetures provisoires.
La direction de l'environnement expliquera encore qu'après le drame de Beyrouth, survenu le 4 août 2020, et en application des instructions du ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, une commission chargée d'inspecter les établissements utilisant des produits chimiques dangereux et des produits explosifs a été créée à Tizi Ouzou et a inspecté 28 établissements classés, où il a été constaté la présence de produits chimiques non déclarés.
Il s'agit notamment de l'hypochlorite de sodium, stocké à l'air libre au niveau de l'ADE, du xylène périmé et stocké depuis plus de vingt ans au niveau du CHU Neddir-Mohamed, de produits périmés stockés dans des locaux au niveau de l'Enel de Azazga et d'un local abritant du cyanure depuis plus de vingt ans au niveau de l'Eniem.
"Tous ces établissements ont été mis en demeure par les services de la direction de l'environnement pour déclaration et prise en charge de leurs déchets conformément à la réglementation en vigueur", est-il mentionné dans le rapport.
À ce propos, la direction de l'environnement a estimé que le risque industriel est lié non seulement à l'activité de production industrielle, mais aussi au stockage des produits dangereux sans respect des consignes de sécurité et des normes d'entreposage.
"Toute négligence peut entraîner des dysfonctionnements dangereux. En effet, si les établissements industriels présentent un risque majeur, il n'en demeure pas moins que les espaces destinés au stockage des matières dangereuses sont aussi source de danger, car elles peuvent être à l'origine d'incendies ou d'explosions", a-t-elle mis en garde.
K. TIGHILT
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kouceila TIGHILT
Source : www.liberte-algerie.com