Lancés dans le cadre du quinquennat 2010-2014, sous le règne de Bouteflika, les projets structurants, déjà peu nombreux, inscrits à l'indicatif de la wilaya de Tizi Ouzou, n'arrivent toujours pas à voir le bout du tunnel près de dix ans après le début de leurs travaux de réalisation.Les cas des projets phare, à l'instar de la pénétrante vers l'autoroute Est-Ouest, le nouveau stade de 50 000 places et le barrage hydraulique de Souk n'Tléta sont édifiants. Concernant ce dernier, à savoir le barrage de Souk n'Tléta, dont les travaux ont débuté officiellement depuis l'année 2012, sept ans après, il continue toujours de faire parler de lui. Il y a quelques jours à peine, le nouveau wali de Tizi Ouzou, Mahmoud Djemâa, s'est rendu sur le chantier de ce barrage implanté dans la localité de Tadmaït, appelé à emmagasiner quelque 98 millions de m3 d'eau.
De cette visite, il ressort que les travaux de ce projet ont atteint un taux d'avancement de 63%. Un taux qui aurait pu être qualifié d'appréciable s'il avait été atteint dans les délais impartis. Ce dernier a été initialement fixé à 40 mois, et le projet devait donc être livré en 2016. Aujourd'hui encore, ce projet pour lequel une enveloppe de 13 milliards de dinars a été allouée, sans compter les montants faramineux destinés à l'expropriation des propriétaires terriens, est loin, même très loin de son achèvement. Sa réception vient, encore une fois, d'être reportée. Annoncée pour octobre 2019, sa livraison, déjà reportée plusieurs fois auparavant, a été ensuite reportée au premier trimestre 2020.
Elle vient encore d'être repoussée à 2021. Ce projet hydraulique n'est, bien entendu, pas le seul à patauger dans la boue. C'est le cas aussi de la pénétrante qui doit relier la wilaya de Tizi Ouzou à l'autoroute Est-Ouest sur une longueur de 48 km. Ce projet, dont les travaux ont débuté en mars 2014 pour un délai initial de 36 mois, risque encore de traîner en longueur durant de longues années. En décembre 2018, à l'occasion d'une visite du wali sur le chantier, le taux global d'avancement n'était que de 51%. Un nouveau délai de livraison a été alors fixé pour mars 2020. Sera-t-il respecté ' Pas si sûr !
Les travaux appelés à redoubler de cadence connaissent plutôt un ralentissement sans précédent ces derniers mois. Faute de crédits de paiement, le groupement en charge de sa réalisation aurait mis une partie de ses travailleurs en congé. Même si ce problème de crédits de paiement vient à être pris en charge, il y a peu de chances de voir ce délai de mars 2020 respecté, puisque la partie non encore réalisée est située dans la zone où les travaux sont les plus difficiles à effectuer en raison du relief accidenté.
En attendant, la wilaya doit se contenter de moins d'une dizaine de kilomètres, déjà mis en service. À ces deux projets en souffrance s'ajoute le nouveau stade de 50 000 places de Boukhalfa dont les travaux sont carrément à l'arrêt depuis juin dernier. Alors que l'avancement des travaux a atteint 85%, le sous-traitant turc de l'ETRHB Haddad a décidé de libérer ses ouvriers et de quitter le chantier faute de crédits de paiement lui permettant d'honorer les salaires des travailleurs et la poursuite des travaux.
La livraison de ce complexe sportif, qui compte parmi les plus chers au monde avec une enveloppe qui tourne autour des 500 milliards de dinars, est ainsi reportée sine die alors que son délai de livraison était fixé à 2015. Alors que le projet du téléphérique devant relier la gare de Bouhinoun à Redjaouna risque d'être mis en service partiellement, après plus de quatre ans de retard, de nombreux autres projets, à l'instar du barrage de Sidi Khelifa, confié à l'ETRHB Haddad dont le patron est en prison, et du centre d'entraînement des équipes nationales d'Aghribs, risquent de ne jamais voir le jour.
Samir LESLOUS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Leslous
Source : www.liberte-algerie.com