Les engins explosifs menacent les paysans
Y a-t-il menace sur la récolte d’olives en Kabylie? A première vue la réponse est non tant les massifs forestiers et les maquis sont sous haute surveillance, les forces de l’ordre étant, nuit et jour, aux aguets de la moindre trace des groupuscules armés qui, selon certaines sources, ne seraient qu’une centaine d’éléments répartis en diverses seriate.
Le plus dangereux est, selon les paysans, cette possibilité de tomber sur un engin artisanal semé par les terroristes qui essaient ainsi de «protéger» leurs arrières. Bien des victimes sont tombées ainsi, la dernière en date étant ce neveu de Sidi Saïd, parti avec deux de ses camarades à la chasse dans la région d’Aïn El Hammam et qui, ayant marché sur un engin explosif, a succombé à ses blessures mercredi dernier. Rappelons aussi que le mois passé, un jeune de Yakouren a marché accidentellement sur une bombe artisanale qui a explosé; le jeune homme a été amputé d’un membre inférieur. Par ailleurs, une «fatwa» rendue publique via le Net et provenant apparemment de Droukdel, entend instaurer la djizia pour tous les Kabyles car considérés par la nébuleuse intégriste terroriste comme des mécréants.
Ce n’est pas pour autant que les citoyens ne vont pas aux champs. Des paysans ayant leurs oliveraies contiguës aux massifs forestiers disent «ne pas avoir rencontré de terroristes» quand ils sont aux champs, mais ajoutent qu’ils ont «peur des engins explosifs artisanaux semés ça et là par ces derniers». C’est ainsi que plusieurs parcelles de terres agricoles sont pratiquement abandonnées par leurs propriétaires de peur des bombes artisanales qui n’attendent que le moment d’exploser sous les pieds des fellahs. La peur des mauvaises rencontres, et aussi des engins explosifs que les artificiers de l’armée n’ont pas tous désamorcés, est donc omniprésente. Qu’à cela ne tienne, la plupart des paysans de la région vont toujours aux champs et aux oliveraies. D’autant plus que l’actuelle récolte d’olives est la meilleure dans la région depuis des années. Il est effectivement attendu, selon des sources, au bas mot, dix millions de litres d’huile pour la wilaya de Tizi-Ouzou. Et les gens disent que «celui qui ne récolte pas ses olives cette année peut laisser tomber ses oliviers!» Les propriétaires d’huileries qui ont commencé la trituration pour l’extraction de l’huile montrent leur satisfaction devant des rendements excellents, selon certains d’entre eux, allant jusqu’à 22/23 litres d’huile par quintal trituré.
La peur des engins explosifs et des mauvaises rencontres va-t-elle peser sur la volonté des paysans de poursuivre leur travail? Il est clair que les forces de l’ordre multiplient les sorties et les ratissages, notamment dans les massifs forestiers suspects. Avant-hier soir encore, l’armée a procédé au pilonnage des endroits suspects dans le massif de Sidi Ali Bounab et dans la forêt de Yakouren alors qu’une grande opération de ratissage se déroule depuis maintenant plus d’un mois dans le massif de la Mizrana. Mais voilà, il s’agit plus de la peur des engins artisanaux enterrés et là les paysans disent en avoir une peur bleue.
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M. Chabane
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com