Tizi-Ouzou - A la une

TIZI-OUZOU Hommage à Djamel Chir, icône de la chanson kabyle



Djamel Chir, artiste qui a apporté une touche de modernité et un style à la chanson kabyle des années 70/80 a été honoré par la direction de la culture de Tizi- Ouzou, jeudi et vendredi passés, en présence de chanteurs des deux générations et d'un public féru et nostalgique de la chanson kabyle des années 1970.
Avec son look d'enfer et sa musique détonante, Djamel Chir avait su faire adhérer à sa musique non seulement le public kabyle et arabophone mais aussi des compositeurs bulgares, marocains et sénégalais avec la célèbre chanson A yemmas hegi yas avernusqui défraya la chronique musicale avec ses airs nouveaux. C'est au sein des Scouts musulmans algériens (SMA) qu'il trouva sa voie en entamant sa carrière, à l'âge de 16 ans, comme habile percussionniste avec la participation aux différentes manifestations artistiques avant d'être révélé comme chanteur en remportant à Birkhadem la première place d'un concours piloté par les maîtres de la chanson kabyle de l'époque comme Kamal Hamadi, Cherif Kheddam ou encore Chikh Nordine qu'il subjugua par sa classe. Saïd Bestandji le repéra et l'intégra dans son orchestre lors d'une mémorable soirée animée par de grands noms de la chanson algérienne, suite à l'absence du drabkji attitré de la troupe qu'il suppléa avec succès. Il sillonnera ainsi l'Algérie grâce à son talent de percussionniste, de chanteur et de choriste qui l'aida à se faire engager dans le studio de Mahmoub Bati, auteur compositeur, grâce à un autre heureux coup du sort : sollicitant un travail à la radio, ce dernier l'engagea après un test concluant, pour accompagner les chanteurs comme Kamel Hamadi, Dahmane El-Harrachi, Guerouabi, El-Anka qui avaient apprécié la touche artistique du jeune Djamel Chir comme percussionniste et choriste. Cela lui facilita une embauche à la radio où il fera partie de l'orchestre pilote de l'émission «Les chanteurs de demain». Une opportunité pour cet artiste éclectique à l'aise aussi bien dans le folklore et la chanson moderne kabyles, le chaâbi dans les deux langues, pour se lancer dans la chanson avec le titre Ouahmagh di zinis (subjugué par sa beauté) reprise en 1974 par l'orchestre dirigé par Cherif Kheddam. Djamel Chir a travaillé avec de grands chanteurs chaâbi comme Guerouabi, avec qui il a passé d'agréables moments en compagnie de Mahmoud Bati, et Dahmane El-Harrachi dont il fut le chouchou comme choriste. Sa vie d'artiste s'arrêtera en 2006 après un drame qui a frappé son fils. Rabah Ouferhat louera les qualités artistiques de Djamel Chir, «un artiste polyvalent épris de la chanson hindoue» qui fit une apparition remarquée sur une chaîne de télévision française. Une prestation médiatique ayant suscité l'intérêt de l'ex-RTA qui lui proposa un enregistrement. Une rencontre avec le public a été organisée dans l'après-midi de jeudi à la maison de la culture. Très ému, l'artiste est revenu sur un parcours artistique exaltant et une œuvre qui ont marqué les esprits de l'époque. Des photos et des articles de presse ont été exposés dans le hall de l'établissement ainsi qu'une projection d'une vidéo souvenir retraçant le parcours atypique de l'artiste au riche répertoire. Un gala artistique auquel prendront part des chanteurs de renom a été programmé pour vendredi.
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