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Inauguration d'une stèle au nom du chahid Krim Saïd et un hommage aux journalistes assassinés Smaïl Yefsah et Allaoua Aït Mebarek, à l'initiative de l'Onec et du CFPA. A l'occasion de la célébration du 63e anniversaire du 1er Novembre, la mémoire des chouhada, l'Onec, Organisation des enfants de chahid, et le CFPA de Draâ-el-Mizan, une soixantaine de kilomètres de Tizi-Ouzou, se sont associés pour célébrer la mémoire du chahid Krim Saïd, en inaugurant une stèle en son nom.Un hommage a été également rendu aux journalistes assassinés par les terroristes, Smaïl Yefsah et Allaoua Aït Mébarek. Un geste tout à fait original et qui n'a rien d'anodin pour les organisateurs pour qui le devoir de mémoire doit s'étendre à tous ceux qui ont versé leur sang pour l'Algérie, aussi bien les martyrs de la Révolution que toutes les victimes du terrorisme et du devoir national, à savoir les journalistes, les éléments des services de sécurité ainsi que tous les patriotes de ce pays qui ont donné leur vie pour empêcher l'effondrement de l'Etat algérien. C'est, en tous cas, le sens qu'a donné le secrétaire général de l'Onec, Tayeb Houari, à ce geste chargé de symboles.
Après avoir rappelé les valeurs humanistes et de liberté de la Révolution du 1er Novembre qui, selon lui, s'inscrit dans le registre des rares épopées libératrices qui ont marqué l'histoire de l'humanité en ce sens qu'elle a permis de vaincre un système colonialiste et liberticide, Tayeb Houari insistera sur l'importance de lutter contre l'oubli et cultiver la mémoire de tous les Algériens morts pour défendre leur patrie, que ce soit les martyrs de la guerre de Libération nationale ou ceux du devoir national, en l'occurrence les journalistes assassinés par les terroristes. «Les premiers se sont sacrifiés pour défendre les valeurs de la Révolution et les seconds pour défendre les valeurs de la République et de l'Etat algérien», expliquera le SG de l'Organisation nationale des enfants de chouhada.
Réagissant à ce geste de l'Organisation des enfants de chouhada, Youcef, le frère du défunt journaliste Allaoua Aït Mébarek, aura un mot de remerciement à l'égard des organisateurs. «Merci pour cet hommage et merci d'avoir associé nos deux familles à l'hommage rendu à la famille d'un grand homme comme Krim Belkacem», dira-t-il, suscitant des applaudissements et de l'émotion parmi l'assistance.
Marquée par beaucoup d'émotion, la cérémonie qui s'est déroulée dans l'enceinte du CFPA de la ville de Draâ-el-Mizan où ont afflué de nombreux anciens maquisards, fils de chahid et les invités de l'Onec et de la direction du Centre de formation professionnelle, en l'occurrence les représentants des autorités civiles et militaires et des institutions de la daïra de Draâ-el- Mizan.
Après l'inauguration de la stèle dédiée à la mémoire du chahid Krim Saïd, érigée dans la cour du CFPA qui a été réalisée par les stagiaires de cet établissement qui porte également le nom de ce martyr, la parole a été donnée à quelques anciens moudjahidine de la région pour témoigner du parcours du chahid Krim Saïd tombé au champ d'honneur le 18 août 1959. Sa mort, a-t-on témoigné, est survenue suite à une dénonciation. Suite à quoi, les soldats français ont détruit à la grenade l'abri situé dans l'enceinte d'une maison du village Frikat et où se sont réfugiés Krim Saïd et d'autres moudjahidine.
Mort alors qu'il avait le grade d'aspirant, Saïd Krim, cousin de Krim Belkacem, a rejoint très tôt les rangs de la Révolution, à l'instar de tous les membres de la famille Krim dont beaucoup de membres se sont engagés dans la lutte armée dans le sillage de leur illustre parent, le grand révolutionnaire et signataire des accords d'Evian, Krim Belkacem.
Après les prises de parole et des animations musicales assurées par les stagiaires du CFPA, des cadeaux ont été remis à quelques anciens maquisards et invités des organisateurs qui ont, en outre, remis des cadeaux symboliques et des diplômes d'honneur aux familles des deux journalistes assassinés Smaïl Yefsah et Allaoua Aït Mébarek.
Par ailleurs, les militants de Tizi-Ouzou de l'ANFC, Association nationale de la famille du chahid, ont célébré à leur façon le 63e anniversaire de la Révolution. Rendant publique une déclaration, les militants de cette organisation dirigée par Mustapha Oudai n'ont pas caché leur amertume devant ce qu'ils considèrent comme déviations et dérives qui ont entaché l'idéal de la glorieuse épopée révolutionnaire du 1er Novembre.
«55 ans après l'indépendance arrachée de haute lutte par ses authentiques fils, l'Algérie de Novembre et de la Soummam reste toujours à faire», écrivent ces fils de chahid. «Prise en otage par des arrivistes et des opportunistes, complices de l'ennemi d'hier, la Révolution a dévié de ses objectifs», désignant du doigt une catégorie sociale qu'il est facile de reconnaître et qu'ils appellent «cette secte au repos renforcée par des collaborateurs (qui) a permis à des prédateurs de tous bords de faire main basse sur la Révolution et sur le patrimoine commun des Algériens, en falsifiant l'Histoire et en procédant à des assassinats politiques». Et de constater avec regret : «Aujourd'hui, la Révolution est mise sous tutelle ; elle a bénéficié aux ennemis d'hier plutôt qu'au peuple algérien.»
Dans un propos qui se veut critique de la situation actuelle que vit l'Algérie aux plans politique, social et économique, les rédacteurs de la déclaration estiment que «la tragédie nationale et la décennie noire qu'a traversée l'Algérie est la conséquence d'une gestion catastrophique d'un système miné par ses luttes claniques».
S'agissant des veuves et des enfants de martyrs, l'Association nationale de familles de chahid estime que la situation de la majorité de ces ayants droit n'est guère reluisante. «Marginalisés» qu'ils sont, ces derniers sont injustement stigmatisés», écrivent les militants de l'organisation dirigée par Mustapha Oudai qui se disent interpellés. Se mobiliser «pour faire face aux épreuves difficiles que traverse notre chère patrie, qui est confrontée à son destin et aux forces du mal qui tentent de l'enfoncer dans la misère sociale, le désordre et le chaos».
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