
Tizi Ouzou. Dimanche 19 à 16h30. Titi a 3 ans, et son petit surnom le ramène presque immédiatement vers sa condition de petit nanti qu'il ignore encore, Titi, ce surnom de «tchitchi».Pourtant, en poursuivant son chien dans les rues algériennes, il se perd, s'éloigne de son petit palais doré, de son confort. Il est récupéré par une famille malveillante qui l'exploite férocement et espère pouvoir en obtenir une bonne somme en rançon. Après tout, les gens de la haute société feraient n'importe quoi pour récupérer leurs petits chérubins. Le temps passe et Titi grandit, livré à lui-même, dans la rue et dans un milieu aux antipodes de celui qui aurait dû être le sien. La dureté de certaines scènes n'a d'égal que celle du personnage en devenir. Les tons froids et bleus dominent le film et symbolisent les rapports urbains.En toile de fond, c'est une réflexion sur l'enfance algérienne et les carences de l'éducation dans le pays, que livre Khaled Barakat dans son premier film. Un long métrage poignant, équilibré aux dialogues vraisemblables, presque familiers et une thématique grave maîtrisée avec beaucoup de finesse, sans tomber dans le pathos. Titi est l'enfant algérien dans ses difficultés, sa candeur et son désir d'autre chose qui se heurte à un horizon irrémédiablement bouché, à un quotidien étouffant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amrane Mahfoud Medjani
Source : www.elwatan.com