Tizi-Ouzou - A la une

Tentation despotique



Tentation despotique
Et si la répression féroce qui s'est abattue sur les marcheurs du Printemps amazigh n'était qu'un prélude à une nouvelle ère politique ' Celle du châtiment par la force à l'endroit de toute voix rebelle. Car le recours à la violence inouïe à Tizi Ouzou par la police du général Hamel, révélé au monde par cette vidéo choquante, ne s'explique pas en soi d'autant que la marche de commémoration du 20 Avril est tolérée depuis de longues années.Le contexte avertit par contre sur un éventuel changement de cap de la part du pouvoir avec sa configuration issue du nouveau rapport de forces, un rapport dessiné par l'élection présidentielle du 17 avril. Il est à craindre que l'élimination de contrepouvoir au sein même des groupes décideurs n'inspire la tentation despotique et fascisante chez Bouteflika et son clan, vainqueurs de ces élections. Bouteflika IV, débarrassé de ses adversaires, peut compter sur de nouveaux leviers au sein de la machine répressive et des appuis médiatiques pour faire avancer ses pions et banaliser ses décisions les plus détestables.La répression peut se justifier ainsi : d'abord par esprit de vengeance à l'endroit de cette Algérie qui a «osé» défier le clan en s'inscrivant activement contre le quatrième mandat, ensuite par le choix de la manière forte, dissuasive, pour empêcher une éventuelle épidémie revendicative et punitive contre les locomotives du changement. Même la gestion démocratique des foules (GDF) devient, à ce moment, inutile aux mains d'un pouvoir imbu de sa superpuissance.Nacer Djabi, qui s'exprimait dimanche dans les colonnes d'El Khabar au sujet d'un possible retour en force de l'idée de transmission du pouvoir au frère cadet de Bouteflika, estime que le nouveau rapport de forces ne s'arrêtera pas au stade de l'élection. Le brillant sociologue pense que nous sommes devant «le début d'une politique qui peut nous mener à l'héritage du pouvoir et à d'autres idées que peut inspirer la culture politique de nos gouvernants». La répression est potentiellement au menu de cette nouvelle politique à la Poutine, réfractaire à toute forme d'expression démocratique et loin de s'encombrer des formes. Nacer Djabi souligne à ce sujet que le trait qui caractérise le mieux ce groupe est son éloignement total de la loi et le divorce avec les formes «encombrantes» comme le respect des institutions de l'Etat et celui à l'égard de l'opinion publique.Indépendamment de l'authenticité des résultats de l'élection présidentielle, Bouteflika a mené une campagne déloyale, notamment en stigmatisant ses adversaires, traités de «traîtres» par ses lieutenants politiques et médiatiques. Qu'est-ce qui l'empêche de basculer sur le mode répression, maintenant qu'il peut se couvrir de la légitimité présidentielle '


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