Héritage - S'habituer à exercer un métier dès son jeune âge rend difficile le fait d'opter pour un autre à l'âge adulte. Ce métier manuel devient plutôt une passion au point où il est quasiment impossible de penser à faire autre chose.
Certains diplômés universitaires tiennent ainsi à exercer le même métier que leur père et affirment ne pas être en mesure de travailler dans le domaine de leur formation. C'est le cas de Saïd, ce biologiste de formation, habitant à Draâ Ben Khedda, dans la wilaya de Tizi Ouzou qui a préféré la plomberie au travail de laboratoire.
«Enfant, j'aidais mon père qui travaillait comme plombier lorsqu'il était sollicité par des particuliers. Il me prenait avec lui avec la simple intention de me sortir de la maison. Mais avec le temps, j'ai commencé à aimer ce métier. A l'âge de 14 ans, j'avais déjà appris à l'exercer sans besoin d'aide», se rappelle notre interlocuteur. Pendant les vacances scolaires, il travaillait soit avec son père, soit seul. «Mon père ne savait même pas que j'avais acquis tout le matériel nécessaire. Il n'a découvert cela que lorsqu'un jour il m'a croisé en train de travailler dans un chantier. Il n'était pas content, car pour lui les études passent avant tout», ajoute Saïd. Diplômé universitaire en 2001, il dit n'avoir jamais tenté de décrocher un emploi dans sa spécialité, car seule la plomberie compte pour lui. «Je veux économiser une importante somme d'argent qui me permettra de créer une petite entreprise dans le domaine. Les études m'ont appris à lire, écrire et comprendre, mais le travail est avant tout une question d'amour», avoue notre interlocuteur. Omar, la trentaine, licencié en sciences de l'information et de la communication a, lui, préféré la menuiserie au métier du journalisme. Tout comme Saïd, Omar n'est nullement intéressé par le travail intellectuel. «Je suis né dans un milieu familial où tout le monde est menuisier. Je ne pouvais donc échapper à la tentation d'apprendre moi aussi les ficelles du métier. Evidemment, tout a commencé par une simple curiosité d'enfant, mais avec le temps j'ai réalisé que la menuiserie circule dans mes veines et je ne pouvais exercer un autre métier», avoue ce jeune universitaire. Bien que ses parents soient contre son choix, il insiste pour exercer le métier de sa passion. «A un certain moment, j'ai cédé à la pression de mon père. J'ai travaillé une certaine période dans un quotidien national, mais je n'ai pas pu résister à la pression et aux ordres. J'ai fini par abandonner, lui expliquant qu'il n'y avait pas mieux que de travailler à son compte», ajoute Omar. Son rêve ' «J'essaye de travailler sérieusement pour pouvoir ouvrir mon propre atelier», dit-il. Sa conviction religieuse l'empêche de solliciter un crédit bancaire pour l'acquisition du matériel. «Je sais qu'il me faut plusieurs années de travail pour réaliser mon rêve, mais je ne suis pas pressé», ajoute ce menuisier «intellectuel» qui exerce dans la localité d'Isser (Boumerdès). Saïd et Omar ne sont qu'un échantillon parmi les milliers de jeunes universitaires qui préfèrent travailler pour leur compte.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com