De retour en Algérie, le chanteur kabyle Takfarinas a animé, mardi, une conférence de presse pour faire la promotion de Ul-iw Tasyri (Mon c?ur, c'est l'amour), son double album qui vient de sortir simultanément en Algérie et à l'étranger.Lors de sa rencontre avec les journalistes, le père et concepteur du label Yal Music a fait part de son attachement indéfectible à la JSK qu'il compte accompagner dans son déplacement à Cotonou dans le cadre de la finale de la Coupe de la CAF.
Le sujet a été abordé en filigrane de son propos dominé par son actualité artistique et par la sortie de son album dont le titre est une ode, un hymne à l'amour. C'est aussi un clin d'?il à son public qui lui est resté fidèle depuis 1979.
Un thème qui se décline non seulement dans la composition et les thèmes de ses textes chantés, mais aussi dans la conception de son instrument musical, ul-iw (mon c?ur). C'est ainsi qu'il nomme sa mandole dont le caisson a la forme d'un c?ur rouge, incrusté de c?urs miniatures, de veines et de filaments et qui se prolonge par « un manche de couleur verte qui est décrit par la biographie de l'artiste comme «une tige, une rose prête à être offerte à tous».
C'est Madjid Lahlou, luthier d'origine algérienne installé à Marseille, qui avait transformé la mandole de «Tak» en instrument électro-acoustique (1998), qui est le concepteur du nouvel instrument qui, visiblement, fait le bonheur de l'artiste qui décide de le baptiser par la suite Yal.
Des formes et des couleurs que l'on peut apercevoir sur la pochette de Ul-iw Tsayri dont la conception graphique est le fruit de talents conjugués de trois spécialistes en la matière, Etienne de Courrèges, Nawel Chabane et Adel Chaoui.
Réalisé avec la complicité de l'ingénieur du son Abdelghani Torqui et du Cubain Luis Orlando, Ul-iw Tsayri est le dix-neuvième album de Takfarinas composé de 21 chansons dont des titres sont interprétés en français et en anglais.
On notera la collaboration de trois artistes, dont la jeune Celia Ould Mohamed, l'ex-lauréate du télé-crochet de la Télévision nationale, la chanteuse française d'origine comorienne Rebecca, les rappeurs Rohf et Manga qui ont interprété en duo ou en solo certains titres de l'album, auquel a colaboré le guitariste de Johnny Halliday, Norbert Clement.
Prévue en 2019, la sortie de l'album qui avait été retardée pour cause de crise sanitaire est venue après une période d'incubation d'une dizaine d'années. Une période que le père de Waye Telha dit avoir mis à profit pour mettre au point son concept et ses créations musicales. «Pendant ces dix dernières années, je ne suis pas resté inactif. J'ai fait de la scène, ici en Algérie et à l'étranger, et j'ai aussi composé beaucoup de chansons», dira Takfarinas. «J'ai une réserve de titres qui peut être exploitée durant les dix prochaines années», se targue le père de Yal Musique qui n'a pas manqué d'évoquer les défis auxquels sont confrontés les artistes et chanteurs en Algérie pour qui tourner et se produire en public devient une véritable galère. « En 32 ans de carrière, j'ai fait 14 soirées seulement. Ma dernière tournée remonte à 1991. C'est très très peu », se plaint celui dont les fidèles appellent «Tak».
Une situation qui n'est pas faite pour refroidir son enthousiasme et sa volonté d'enrichir la scène musicale algérienne en y apportant sa touche et ses invocations. «Si on me laisse travailler, je ferai des miracles. J'ai envie d'innover et d'apporter le plus qui manque à la scène musicale de mon pays», soutient-il. « Depuis 2005, je n'ai pas cessé de solliciter les pouvoirs publics pour organiser une tournée nationale », avoue Takfarinas qui reste marqué par le projet avorté d'une tournée nationale qui devait être effectuée en 2015, en collaboration avec les ministères de la Jeunesse et des Sports et de la Culture.
Malgré les engagements des ex-ministres de la Culture, Nadia Laâbidi et Azzedine Mihoubi, la tournée, qui demande des moyens logistiques et humains importants et qui avaient été mobilisés, et qui devait conduire l'artiste et son équipe à travers une trentaine de wilayas, fut stoppée net par le refus de Bentorki, qui régnait en maître sur l'ONCI et a fait capoter le projet, malgré l'engagement de grosses dépenses sur un montage financier réalisé essentiellement grâce aux efforts de l'artiste.
S. A. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A M
Source : www.lesoirdalgerie.com