9e festival international du théâtre de Béjaïa
La troisième soirée de la 9e édition du festival international du théâtre de Béjaïa a été marquée par la présentation de la pièce «Splendides exilées», écrite par Arezki Metref, et Mise en scène par Catherine Belkhodja.
C'est une pièce produite par la troupe Belleville Galaxy en France. Cette pièce écrite en 2004 devait être jouée par la regretté Sonia, mais l'auteur déclare n'avoir trouvé aucun moyen pour concrétiser ce projet en Algérie. «Splendides exilées» raconte l'histoire de Tessa, une «ethnopsychiatre, insomniaque, visitée par les fantômes du passé. Le sien, mais aussi celui de ses patientes, dans lesquels elle se retrouve et se perd. Devant sa fenêtre, elle livre au vent, la nuit, à la manière de Sherazade, des bribes de destin reconstruits par les pouvoir de l'encre». Le texte, très réussi par son auteur, est composé de 13 tableaux.
L'insomnie
Il est joué sur scène par quatre comédiennes : Catherine Belkhodja, Noelle Chatelet, Muriel Bloch, Alexandra Stewart et Myriam Meziert.
Presque toute la pièce parle de femmes algériennes concernées par l'exil. femmes, mères et filles d'exilées, même si elles n'ont pas toutes connu elles-mêmes l'exil.
Deux femmes néanmoins sortent du cadre spatio-temporel et donnent à la pièce sa dimension universelle et intemporelle. Le personnage principal de la pièce, Tessa se sent possédée par les fantômes de ces femmes qui hantent ses nuits d'insomnie et prennent sa voix pour témoigner de leurs peines et de leurs souffrances.
Professionnalisme
«Ces femmes surgissent chaque nuit. Elles me délogent, prennent ma place, elles. Ce cri en points de suspension, personne d'autre que moi ne l'entends. Par elles, je vous parle. Elles vous parlent par moi. Ce que je dis pour elles, ce qu'elles disent par moi, ce n'est jamais tout à fait la vérité ni tout à fait le mythe». La première personne du singulier se multiplie en elle dans une crise de mutation qui couve une prise de conscience en gestation, «Pour que ces femmes arrivent, je laisse ouvertes les sept portes du mirage. Dans leur habit de fantôme, elles viennent reprendre cette parole qui leur a été refusée, toujours, partout». Des réminiscences du passé familial et tribal en ouvrent la voie initiatique. Lasse des cris vains devant l'homme, elle implore Dieu : «Je te regarde, Dieu, et la prunelle de mes yeux te vrille comme cette interrogation sur la mort depuis la première caverne. Je te parle, Dieu, et tu n'a pas besoin de m'écouter car je ne fais que répéter le désarroi des femmes depuis Eve. Je t'invoque dans mon c?ur et mon silence est fait des cris de tous les humiliés de ta création. Je ne te dis rien. Je ne ferai aucun geste, ni de mes mains, ni de mes jambes, pour t'implorer ou pour me prosterner devant toi. Si tu m'a créée debout, n'est-ce pas pour te regarder en face», écrit son auteur, Arezki Metref. A noter que cette pièce a été présentée, en été dernier, lors de la 16e édition du festival Raconter-art, à Tizi Ouzou. A Béjaïa, la pièce été présentée dans sa version professionnelle, avec tout ce que cela suppose comme matériel et assistance professionnelle.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki Ibersiene
Source : www.letempsdz.com