
Des rumeurs circulent déjà sur la hausse des prix des denrées alimentaires comme les poids chiches, les lentilles».Les prix du pétrole sont en baisse. Le gouvernement a annoncé des mesures d'austérité à même de juguler les effets et les conséquences. Les citoyens ordinaires ont des avis divergents sur la question mais il apparaît évident que l'inquiétude commence à s'emparer de toutes les catégories sociales. Nous avons interrogé des enseignants, des retraités, des étudiants, des fonctionnaires, des commerçants et diverses personnes du monde culturel et politique.Toutefois, il convient de mettre en évidence que certains élus et politiques locaux ont affirmé que le sujet mérite réflexion avant de donner un avis comme s'ils n'étaient pas avant tout de simples citoyens. Par contre, les citoyens, première victime d'une éventuelle crise, en parlent sans tabou ni hypocrisie. «La peur commence déjà à s'emparer des gens.Le souvenir des années 1980 est sur toutes les lèvres. Beaucoup de rumeurs circulent déjà sur la hausse des prix des denrées alimentaires comme les poids chiches, les lentilles», affirme, Rabah, enseignant dans un CEM à Tizi Ouzou.Les fonctionnaires et les enseignants, quant à eux, ont plus tendance à commenter les mesures relatives au gel des recrutements dans la Fonction publique. Beaucoup considèrent que la décision aurait dû être prise bien avant. «Ils ont raison de geler les recrutements. Il y en a déjà beaucoup qui travaillent à ne rien faire dans leurs bureaux», ironise la même personne.La décision a eu des effets négatifs chez les postulants. «Nous n'allons pas nous laisser berner. On verra dans quelques semaines. Nous ne leur demandons pas de nous recruter mais de régulariser nos situations précaires. On ne sait encore pas si la décision du gel des recrutements nous concerne ou non. Ils doivent nous le dire» affirme Nassima, une jeune qui travaille dans le cadre du pré-emploi. La catégorie, pour rappel, réclame depuis deux années la régulation de sa situation.De leur côté, les pères et mères de familles développent des avis divergents. Certains pensent que la chute des prix du pétrole ne durera pas longtemps et que ces derniers reprendront leur hausse dans quelques semaines. D'autres affichent des mines grises n'hésitant pas à rappeler la dernière crise de 1986. «Ceux qui pensent que la crise est lointaine dorment sur leurs lauriers. Nous achetons tout ce que nous mangeons avec l'argent du pétrole. Il est logique que la baisse des prix engendre la diminution des importations de produits agroalimentaires» analyse Ahmed, directeur d'école. «En tout cas, moi je doute même de la crise en elle-même. Je lis dans certains médias que la chute de ces prix fait partie de la guerre que se livrent les Américains et les Russes» réplique un autre enseignants au lycée.A l'université de Tizi Ouzou, certains étudiants parlent de diversion refusant d'admettre la crise.«Le pays a beaucoup d'argent dans les caisses. Alors ce n'est pas maintenant qu'il faut parler de diversifier l'économie et réduire la dépendance des hydrocarbures. Lors de la première crise des années 1980, les Algériens ont perdu beaucoup d'acquis sociaux comme les entreprises publiques. Aujourd'hui, on veut simplement nous faire perdre d'autres comme l'université gratuite.Le problème se résume à ça, rien qu'à ça» explique Samir étudiant en sociologie. D'autres étudiants interrogés évoquent, en cas de poursuite de la dégringolade, que le pays connaisse une autre période d'instabilité. «Il va y avoir des mouvements sociaux violents. La prudence doit primer. C'est une conjoncture internationale d'une extrême dangerosité» renchérit son camarade.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com