Par Malika Boussouf
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Il y a quelques jours, j'ai dit, dans un billet intitulé «Revendiquer les uns loin des autres», ma stupéfaction de voir que la contestation des médecins résidents n'avait pas oublié de séparer les filles des garçons comme si être proches physiquement risquait d'affoler les esprits et compromettre le contenu de la revendication. Ce comportement de vierges effarouchées et cette mentalité où la bigoterie fait oublier qu'être médecin interdit de choisir qui l'on soigne. Et que l'on ne vienne pas nous accuser de faire dans la caricature. Parce qu'à l'allure où évoluent les mentalités et où les interdits fleurissent, il n'est pas exclu que l'on nous suggère des médecins qui soignent exclusivement les femmes et d'autres qui n'accourent au secours que du genre masculin. Voici ce qu'en dit une lectrice plus dépitée qu'amusée :
«La chute de votre article m'a fait rire ! Mais le fond de votre réflexion m'interpelle. Il me renvoie à ces écoles où les garçons et les filles font des rangs séparés si tant est que les filles ne soient pas obligées de se ranger derrière. Dans les salles de classe, les garçons sont placés devant et les filles derrière.
A l'ENS de Kouba, les professeurs «formateurs» tarabustent les futurs enseignants afin qu'ils revendiquent la non- mixité dans les écoles où ils seront affectés en tant qu'éducateurs. Et je me retrouve une vingtaine d'années en arrière, lorsque je travaillais en tant que professeur formateur à l'ITE de Tizi-Ouzou. Lors des réunions avec le chef d'établissement ou lors d'assemblées générales des enseignants, nous étions deux femmes à nous asseoir du côté des collègues hommes. Notre but était justement d'aller à l'encontre de l'état de fait ségrégationniste que la corporation des enseignants s'imposait et alimentait.
Les résidents marchant en parallèle des résidentes est peut-être le fruit de ce que j'ai dit plus haut. Ce à quoi on peut ajouter les conventions familiales, sociales et les dogmes religieux. Finis les rassemblements des années 70/80 où filles et garçons allaient main dans la main dans un élan de solidarité et de communion. Autres temps, autres mœurs» !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B ”ˆ
Source : www.lesoirdalgerie.com