Les agriculteurs des Exploitations agricoles collectives (EAC) du Domaine agricole social (DAS) Hamdani-Amar, de Draâ Ben Khedda, 10 km à l'ouest de Tizi Ouzou, ont tenu un sit-in, hier, devant le siège de la wilaya pour dénoncer leur expulsion des terres qu'ils exploitent depuis 1990. La décision de leur «expropriation» a été confirmé par le tribunal administratif près la cour de Tizi Ouzou.
Une trentaine d'agriculteurs, plus que jamais «attachés» à leurs terres, qu'ils ont cultivées avec beaucoup de sacrifices, disent-ils, a participé à cette action. L'un d'entre eux, que nous avons approché, n'hésitera pas à s'acharner contre la justice l'accusant de «partialité». «Tous les documents en notre possession indiquent bien que nous sommes dans le droit de continuer à exploiter ces terres.
Pour preuve, nous continuons toujours à payer les charges financières des droit d'attribution», a-t-il enchaîné.
Sur plusieurs banderoles brandies, on pouvait lire «DAS Hamdani-Amar, affaire d'Etat et d'honneur», «Les EAC menacées d'expulsion par la justice», ou encore»Non à la hogra. Où est passé l'Etat !» A rappeler que les héritiers de la famille Smaïl de Draâ Ben Khedda, qui ont initié l'action de justice contre les exploitants, possèdent des arrêtés de restitution signés par l'ex-wali de Tizi Ouzou en 1992.
Ces documents sont «illégaux» estiment les agriculteurs puisque la loi sur laquelle s'appuient les arrêtés, en l'occurrence 90-25 du 18 novembre 1990, relative à l'orientation foncière, indique dans son article 76 que la restitution ne peut concerner que les terres nationalisées dans le cadre de la Révolution agraire, non pas celles mises sous protection de l'Etat après l'Indépendance.
Les terres concernées actuellement par le conflit «ont été mises sous protection de l'Etat en 1964», alors qu'elles appartenaient à la famille Smaïl avant l'Indépendance. Une délégation de quatre personnes a été accueillie par un responsable au niveau de l'Inspection générale de la wilaya.
«Il nous a promis de transmettre nos revendications au wali», explique l'un des membres de la délégation contacté par nos soins. Le même interlocuteur nous a fait savoir que «le wali aurait promis de demander au procureur général de sursoir à l'application de la décision d'expulsion».
Ce que les agriculteurs attendent avec impatience, puisqu'ils ne comptent pas lâcher facilement les EAC pour se retrouver sans revenus. L'autre affaire de justice initiée par les services des Domaines, et qui ont plaidé l'annulation des arrêtés de restitution, signés en 1992 en faveur des héritiers Smaïl, est programmée pour le 16 avril prochain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aissa Moussi
Source : www.letempsdz.com