Tizi-Ouzou - A la une

Samia Nouacer



Samia Nouacer
Travailler entre les pots de peinture est une chose qui ne m'a jamais traversé l'esprit, mais aujourd'hui je ne regrette pas d'avoir tenté l'aventure en m'engageant dans un domaine qui m'était encore étranger.» Samia Nouacer parle ainsi en présentant, récemment, lors d'une caravane de l'entrepreneuriat à Tizi Ouzou, les produits proposés par l'entreprise qu'elle dirige depuis plus de trois ans.Elle a investi dans la préparation de peintures teintées nouvelle génération pour le bâtiment. Elle dit s'être lancée dans cette microentreprise depuis 2014. «J'ai contracté un crédit dans le cadre de la Caisse nationale de l'assurance chômage (CNAC) afin de pouvoir investir à mon compte, car après ma formation de technicienne en chimie, je ne parvenais pas à trouver du travail dans un laboratoire d'analyses comme je l'espérais», souligne-t-elle. Samia a donc été obligée de s'orienter vers une autre perspective.«Je pensais déjà, encouragée par mon mari et ma famille, à m'installer à mon compte, il me fallait trouver une activité proche de ma formation et dans laquelle mes chances de réussir sont plus importantes et je pense que les métiers relatifs au secteur du bâtiment en sont l'exemple». La future chef d'entreprise a entamé ses démarches en 2011 pour ne lancer l'activité que trois ans plus tard. Elle raconte : «La période la plus difficile du processus de création d'une activité est celle des démarches administratives.Réunir toute la paperasse nécessaire aux différents dossiers, celui du crédit, notamment, n'a pas été facile.» La tâche a été plus difficile encore en raison de son statut de maman. «Ma fille n'avait pas six ans à l'époque, j'avais donc, d'un côté, mon projet qui me tenait à c?ur, et de l'autre, mes engagements familiaux, mais grâce au soutien de ma famille, j'ai trouvé l'équilibre et j'ai réussi mon investissement», affirme-t-elle, soulignant qu'elle dispose aujourd'hui d'une clientèle appréciable et a entamé le remboursement de son crédit.Devant cette difficulté d'être maman, il y a celle d'être femme. «D'abord, on ne vous prend pas au sérieux, surtout lorsque le domaine choisi est celui réservé habituellement aux hommes.Parfois, je me déplace dans les chantiers pour évaluer la demande, voire donner des conseils aux clients, cela crée la surprise parmi les ouvriers», dira Samia. La trentaine, elle souhaite la même aventure à toute femme ambitieuse.«Ne pas hésiter à s'orienter vers les différents dispositifs de soutien à la création d'entreprises pour réaliser son projet», insiste-t-elle. Pragmatique, elle donne des conseils : avoir en tête qu'il y a un crédit à rembourser en plus des autres charges. «Avoir de l'ambition et ne pas voir grand dès le départ», conclut Samia Nouacer.
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