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Salon de la bande dessinée à Tizi Ouzou : Haroun, le doyen des dessinateurs de presse, honoré



Le coup d'envoi de cette 2e édition dédiée à Ahmed Haroun, le doyen des dessinateurs de presse algérienne, a été donné en présence du nouveau wali, Abdelhakim Chater.Au programme, une panoplie d'activités en rapport avec le 9e art. Des expositions de caricatures et de livres animées par des maisons d'édition (Dalimen,, Kaza Editions, Z Link, SJS Store, Graine Fertile), ainsi que des ventes-dédicaces par les bédéistes participant à cet événement organisé par la direction locale de la culture, en collaboration avec la Ligue des activités en plein air, loisirs et d'échanges de jeunes de Tizi Ouzou. Dans son allocution d'ouverture, Nabila Goumeziane est revenue sur l'objectif de cette rencontre : «Après la 1re édition, l'année dernière, du Salon de la bande dessinée Tizi Bulle, qui a connu un franc succès, nous revoilà pour cette deuxième édition qui s'étalera jusqu'au 20 octobre.
C'est une sorte d'invitation adressée aux amateurs de la bande dessinée et aux professionnels également. Ils auront à découvrir de nouvelles publications, à participer aux différents ateliers et à assister à plusieurs rencontres qui seront animées par des auteurs, des dessinateurs et des scénaristes. Cet événement est une très belle occasion pour tous nos jeunes et toute la population de plonger dans des aventures via des bulles, cet art, le neuvième du nom, fondé sur une juxtaposition d'images organisées en séquences narratives. Le public aura l'occasion de voir de très près les nouveautés et les créations artistiques des bédéistes algériens et de nos jeunes talents venus des quatre coins du pays.»
Concernant la thématique de ce Salon, la directrice de la culture souligne que «cette édition mettra l'accent sur la bande dessinée qui retrace l'histoire de la glorieuse Révolution algérienne, pour mettre en relief comment le 9e art permet de transmettre aux nouvelles générations des faits historiques, comme les impérissables événements du 17 Octobre 1961. A ce propos, nos hommages les plus profonds à toute la famille révolutionnaire».
Un caricaturiste humble et généreux
S'agissant du choix porté sur Ahmed Haroun auquel est dédié ce rendez-vous des jeunes bédéistes, Mme Goumeziane déclare : «Nous voulions à travers cette rencontre rendre un vibrant hommage au grand bédéiste, Ahmed Haroun, doyen des dessinateurs de presse de l'Algérie indépendante. Le père de M'Quidech est un caricaturiste humble et généreux. Il a à son actif plusieurs œuvres, dont le recueil intitulé La bande destinée, El bendir, Bhar lemnam, et beaucoup d'autres parues dans la presse nationale, réalisées durant sa longue carrière artistique.
Elles regroupent des histoires inspirées du terroir, ainsi que de vieilles légendes.» Né le 5 août 1941 à Larbaâ Nath Irathen, Ahmed Haroun, fondateur de la revue mensuelle M'kidech (éditée par la SNED de 1969 à 1972), personnage mythique des années d'or de la BD algérienne, a marqué de son empreinte et? son crayon atypique, des journaux et des magazines, tels que Echaâb, El Moudjahid, Algérie-Actualité, Alouane, Révolution Africaine et Jeune Afrique. L'ex-collègue de la joyeuse «bande» Maz, Slim, Aram, Brahim Guerroui, qui sévissait dans ce premier illustré algérien à grand succès (Le premier numéro a été édité à raison de 20 000 exemplaires pour chaque langue, arabe et français, selon des indications de presse), se souvient de ses débuts: «Au départ, les caricaturistes actuels étaient des bédéistes. A l'époque, il y avait la censure.
On ne pouvait pas faire de la caricature. J'étais à l'époque à El Moudjahid où j'illustrais des textes et où je faisais de la bande dessinée. A cette périodee, il n'était pas question de faire une caricature d'un ministre, ou encore celle d'un chef d'Etat. Avec la création de la bande dessinée M'kidèche, en 1967, et El Menchar, à l'orée des années 1990, on a explosé avec un groupe d'amis. On s'est défoulés. Nous étions libres. C'était la joie.
On avait juste une petite fenêtre où on pouvait faire un petit dessin. Par la suite, les portes se sont ouvertes à nous.» (El Watan du 2 février 2016). Pour Ahmed Haroun, «la bande dessinée ne fait pas vivre son homme. Les caricaturistes sont, aujourd'hui, des fonctionnaires dans des journaux. Il y a des caricaturistes qui osent et d'autres qui ont des limites qu'ils s'interdisent de dépasser. Ils sont un peu timides. Dans la caricature, il faut oser», conclut-il.
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