Deux familles, victimes de l'éboulement de 1999 au village Aït-Ouchen dans la commune des Aghribs, à une quarantaine de kilomètres à l'est de Tizi Ouzou, n'ont pas encore été relogées et de surcroît ont été carrément mises à l'écart. Les autorités de la daïra, pour justifier leur décision, leur dénient le droit de statut de sinistrés.
Pourtant, tous leurs voisins ont bénéficié de logements sociaux au chef-lieu communal. La genèse du problème remonte donc à 1999 où un énorme éboulement avait endommagé la mosquée du village en menaçant les habitations limitrophes. Première fausse note, au lieu d'inscrire les familles touchées dans le cadre de relogement des sinistrés, les autorités d'alors les ont inscrites dans un cadre de relocalisation sous forme d'aide à l'habitat rural ; d'ailleurs 32 logements ont été reconstruits en dehors du village, la plupart non intégrés jusqu'à présent. Quelques familles, les plus touchées notamment, ont refusé ce statut et eu recours à la justice pour faire valoir leurs droits. Par ailleurs, elles ont même refusé le logement social car dans les deux cas, le quitus de la CNL et celui de l'enquête administrative de la daïra leur déniera ce droit. En effet, comment faire pour le cas des familles qui ont déjà bénéficié de d'aide à l'habitat rural ' Et sur quels critères s'appuiera l'enquête administrative pour déterminer les conditions et les modalités d'accès au logement social alors que parmi ces sinistrés il y a des gens aisés ' Dans cet imbroglio, vint la visite du wali en 2006 sur les lieux. Il avait ordonné alors l'octroi de 6 logements au chef-lieu communal ! Deuxième fausse note, deux familles Sadok n'ont pas fait l'objet d'une décision de relogement. Les autorités locales justifient d'abord cette mise à l'écart par le fait que leurs maisons étaient considérées comme résidences secondaires, car ces derniers habitent hors wilaya. Puis le chef de daïra se rétracte, dans la dernière correspondance en date du mois de décembre dernier, et leur annonce que «votre cas est jugé et déclaré hors périmètre du sinistre par la commission compétente contrairement aux autres familles ayant fait l‘objet de recensement et relogement». Pourtant elles y étaient consignées dans la première liste établie et surtout tout le monde peut constater de visu le contraire de ce qui a été avancé, la preuve est que ces deux familles n'ont pas pu obtenir un permis de construction (terrain menacé) pour rénover leurs logements ! Les deux familles continuent de lutter pour être rétablies dans leur droit et crient à qui veut les entendre que les responsables n'ont pas mis fin à cette injustice « c'était sans compter sans la mauvaise foi d'une administration publique qui n'en finit pas de mettre à mal les politiques de l'Etat algérien». Ulcérés par le manque flagrant d'explications rationnelles, elles répondent aux deux arguments fantaisistes à leurs yeux en disant : «La mairie nous a répondu par un argument qui ajoute de l'insulte à l'injustice. Toute honte bue, on nous apprend que nous étions des résidents non permanents et que nos maisons étaient vieilles. Ils avaient ainsi manqué une autre fois à leur devoir puisque ces mêmes critères fantaisistes n'épargnent même pas les bénéficiaires actuels. Pour comprendre le plus dur, il faut se mettre dans la peau d'un ancien moudjahid qui devient, par la magie de l'administration de l'Algérie indépendante «un résident non permanent» dans le même village où il était dans la glorieuse Révolution nationale, torturé et suspendu par des cordes dans les lieux qui sont menacés aujourd'hui par l'éboulement. Ces réponses sont une insulte et une honte pour l'Algérie libre sans parler de l'absence d'un moindre respect pour des vies humaines. C'est comme s'il était moins grave de mourir sous l'éboulement dans sa résidence secondaire ou du moment que celle-ci serait vieille ! Les deux familles Sadok sont les plus près de la mosquée endommagée c'est un fait avéré. La deuxième affirmation est une aberration, selon elles. «Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que justice soit rendue. Il en va finalement du respect que nous nous devons à nousmêmes et aux institutions d'un Etat algérien qui est né, beaucoup semblent l'oublier, d'une profonde revendication de justice et d'équité», concluent-elles.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F B
Source : www.lesoirdalgerie.com