Tizi-Ouzou - A la une

Quand l'homme se confond avec son oeuvre CLOTURE DU COLLOQUE SUR LA VIE ET L'ŒUVRE DE KATEB YACINE



Plusieurs voix ont exprimé, lors de ce colloque, le désir de voir l'oeuvre de cet écrivain traduite enfin en langue amazighe.
La vie et l'oeuvre de Kateb Yacine étaient le thème du colloque organisé par la direction de la culture de Tizi Ouzou et qui a pris fin hier avec une visite au cimetière d'Al Alia où repose l'écrivain. L'homme et son oeuvre. Les deux se confondent et ne font qu'un, en définitive.
En fait, ces journées ont permis à plusieurs intervenants, issus du milieu universitaire, de jeter des regards de différents angles sur le personnage. Comme l'homme qui l'a mise au monde, Nedjma a été au rendez-vous de l'Histoire. «L'écrivain colonisé et les siens ne sont désormais plus décors ni simples objets de l'histoire mais ils redeviennent sujets d'une histoire qu'ils écrivent, qu'ils décrivent et se retournent contre celle qui leur est infligée», Kateb Yacine est de ceux-là, comme l'a mentionné, au début de son intervention, Malika Boukhelou, Dr d'Etat en langue et civilisation françaises, à l'Université de Tizi Ouzou. En effet, l'homme et son oeuvre se sont retrouvés à tous les carrefours de l'histoire de l'Algérie. Nedjma, poursuit la conférencière, est élaborée de manière à contrecarrer un discours, colonial s'entend, à neutraliser une présence, à déstructurer une idéologie et ce, jusqu'à la déstructuration de règles, aussi bien énonciatives que formelles. C'est pourquoi, Nedjma comme l'écrivain, est rebelle.
Combattre le statut de colonisé mais pas uniquement cela. Kateb Yacine n'a pas dévié après l'Indépendance. Sa plume n'a pas perdu de sa verve. L'écrivain est plutôt imbu du désir de rehausser la langue de ses contemporains. L'arabe algérien renaît avec l'oeuvre de Yacine. L'arabe algérien et l'amazigh ne sont plus cette somme d'attributs dont il fallait se débarrasser pour s'émanciper. Bien au contraire, avec lui, c'est avec ces deux langues que ses contemporains apparaîtront authentiques. Prendre à César pour rendre à Jugurtha, comme l'a si bien exprimé la conférencière. Sur un autre plan, ce colloque a eu le mérite de révéler au public local des troupes théâtrales venues d'autres wilayas. Le public a été au rendez-vous également avec cet évènement. Un fait qui renseigne sur l'intérêt que portent les citoyens à l'oeuvre monumentale de ce grand écrivain contemporain. Cet intérêt apparaît également, faut-il le signaler, dans la qualité des débats qui ont succédé à toutes les conférences. De ces débats aussi apparaît un désir, vraiment populaire, de voir la présence de l'oeuvre de Kateb Yacine renforcée dans les manuels scolaires de tous les paliers de l'éducation nationale. Enfin, plusieurs voix ont exprimé, lors de ce colloque, le désir de voir l'oeuvre de cet écrivain traduite enfin en langue amazighe. Eh oui! Voir ses oeuvres lues dans la langue de ses ancêtres, les Kebloutis, aurait sans nul doute fait bondir de joie l'homme qui a découvert ses racines amazighes et qu'il a déclarées et assumées lorsque la chape de plomb frappait encore cette culture ostracisée chez-elle. Mais Kateb s'en souciait-il, lui dont le verbe perçait les plus tenaces des chapes.
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