Tizi-Ouzou - A la une

Quand l'armée sort de son mutisme



Quand l'armée sort de son mutisme
Communiqués en temps réel, réaction à des polémiques et, soudain, une interview radio ; en quelques mois, l'armée, souvent pointée du doigt pour son manque flagrant de communication, a changé de stratégie.«La grande muette» communique et se permet même de se prononcer sur des sujets jugés jusque-là tabous, à l'image de ces très médiatiques mouvements opérés dans le corps des cadres du Département du renseignement et de la sécurité (DRS).Le dernier chapitre de ce qui semble être une nouvelle ère dans la communication militaire algérienne s'est donc ouvert hier. Le chargé de communication du ministère de la Défense, le général Boualem Madi, est allé dans une émission de radio pour répondre à des questions d'actualité. Les opérations aux frontières, les risques terroristes et même les derniers changements opérés au sein du DRS ont été abordés.Le général a fait mieux que beaucoup de chargés de communication d'autres départements ministériels.Le général Madi a, certes, parlé comme un militaire. Carré. Pesant ses mots jusqu'à ne rien dire parfois. Mais sa sortie médiatique est déjà une nouveauté dans un système rompu aux cachotteries. Le général a eu le mérite de s'exprimer au nom d'une institution dont on ne connaît même pas les images d'une bonne partie des responsables.Nouvelle stratégie 'La sortie radiophonique du général Madi entre visiblement dans le cadre d'un recentrage de la communication de l'institution militaire. Cela fait en effet des mois que l'ANP fait l'effort d'informer les Algériens sur ses activités. Alors que la presse a l'habitude de n'être conviée qu'à des journées portes ouvertes ou à des séminaires ciblés, elle a commencé à recevoir, depuis quelques mois, des communiqués d'un tout autre genre : les opérations militaires.Sans doute renseignés par le déficit en communication, fait largement vérifié lors de l'opération de Tiguentourine, les responsables militaires se mettent donc à donner eux-mêmes l'information. Même lorsque celle-ci n'est pas forcément favorable, à l'image de l'attaque terroriste qui avait coûté la vie à 11 militaires à Iboudrarène (Tizi Ouzou), l'ANP communique, quitte à montrer son agacement lorsque le chiffre donné par les services de communication des Tagarins sont remis en cause par les médias. Toujours pour améliorer ses «performances communicationnelles», l'ANP est allée jusqu'à publier, sur son site internet, rénové et actualisé, des photos de soldats en opération lors de l'élimination de 14 terroristes à Bordj Badji Mokhtar, dans la wilaya de Tamanrasset.Cela n'a pas toujours été le cas. En plus de la dissimulation systématique des informations sécuritaires au nom de la discrétion, l'armée a toujours refusé de communiquer. «Nous n'allons pas à une bataille en faisant sonner le clairon de la défaite», avait déclaré un jour l'ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Puis, interrogé par un journaliste à propos des acquisitions en armement, le responsable avait justifié la discrétion par le caractère sensible des achats. «Il ne s'agit tout de même pas d'une opération d'achat de guirlandes», avait-il encore ironisé. Et cela exprimait le sentiment des institutions de l'Etat vis-à-vis de la communication institutionnelle de manière générale. Cette évolution dans la communication militaire ne doit pas faire oublier que d'énormes efforts restent à faire. D'autant plus que nous sommes à l'ère de l'internet.


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