Les agriculteurs qui ont investi exclusivement dans les presses à huile, notamment dans le cadre des différents dispositifs de soutien à la création de microentreprises lancés par l'état, sont, pour la plupart, en difficulté.
En dehors de l'activité oléicole, très peu d'activités agricoles sont fructueuses en Kabylie. En investissant dans la presse à huile industrielle, afin de remplacer le système traditionnel qui pénalise le fellah du point de vue du rendement, les jeunes promoteurs ont pensé s'engager dans des entreprises à la fois utiles et plus rentables.
Mais cela n'est pas toujours le cas lorsque l'on fait de cette activité sa principale source de revenus. 'Si, en tant que huiliers, nous rendons service aux paysans, aux propriétaires d'oliveraies et autres oléiculteurs, il faut savoir que l'activité est saisonnière. Nous travaillons généralement trente à quarante-cinq jours dans l'année ! Et quand les récoltes sont mauvaises, le rendement est proportionnel. Nous avons droit à une bonne saison une fois tous les trois ans environ. Il faut savoir que l'oléiculture dépend beaucoup des aléas et des humeurs de la nature', confie Illormane Omar, propriétaire d'une huilerie industrielle à Illilten.
Un grand nombre de ces promoteurs agricoles pensaient avoir pris le bon choix au départ mais c'est bien après qu'ils ont pris conscience de la difficulté. 'Il est très difficile pour un agriculteur de rembourser ses dettes régulièrement, car notre activité dépend de la production saisonnière. Cette année, par exemple, la rudesse de l'hiver a eu un impact négatif sur la production oléicole. Des milliers d'oliviers ont été détruits par les chutes exceptionnelles de neige, ce qui se répercutera sur cette filière dans les années à venir', dira un autre investisseur qui ajoute : 'Cette situation m'obligera certainement, et dans peu de temps, à fermer les portes de ma huilerie.' C'est en se frottant à l'expérience du terrain et de l'activité que l'on se rend compte des risques qui ont été pris en la matière. La plupart des huileries ont été réalisées dans le cadre du soutien à l'agriculture, à l'aide d'un financement de la BADR.
Pour s'en sortir, les investisseurs demandent l'application du décret exécutif 96/63 (journal officiel du 27/01/1996), dans ses articles 1, 2 et 3 qui précisent les avantages accordés aux agriculteurs, dont les oléiculteurs. 'Nous souhaitons que les décisions annoncées par le président de la République à Biskra, le 28/2/2009, soient appliquées et qui recommandaient l'effacement de la dette de tous les agriculteurs sans exception aucune', nous dit encore Omar, qui tient à préciser : 'C'est très important pour nous. C'est un problème qui concerne tous les propriétaires d'huileries en Algérie.' En attendant, ces jeunes investisseurs en huilerie industrielle n'ont pas manqué d'entreprendre des démarches auprès du ministère des Finances et de celui de l'Agriculture. Ils ont aussi été reçus par la commission chargée des finances de l'APN, le président de l'UNPA et le P-DG de la BADR pour tenter de trouver des solutions à leur détresse.
Mais depuis, ils n'ont reçu aucune réaction favorable. Cependant, ces investisseurs agricoles continuent de se battre sans relâche pour sauver leur outil de travail qui constitue en fait leur gagne-pain.
K. T
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kouceila Tighilt
Source : www.liberte-algerie.com