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Printemps de 2001 en Kabylie : «La tradition est-elle venue au secours de la citoyenneté '» Actualité : les autres articles



Lors du colloque international d'El Watan, il a été question également du printemps noir de Kabylie de 2001.
Le sociologue Brahim Salhi de l'université de Tizi Ouzou s'est interrogé sur la problématique du rapport entre la tradition et la citoyenneté à la faveur des événements tragiques qu'a connus la Kabylie au printemps 2001. Sous le thème «Printemps 2001 en Kabylie : la tradition au secours de la citoyenneté '», le professeur Salhi a expliqué que, dans un contexte d'affrontements violents entre les populations et les forces de l'ordre, apparaît l'urgence de recourir à des formes d'organisation traditionnelles pour gérer et encadrer la contestation dans sa déclinaison moderne.
«Dès l'éclatement des événements suite à l'assassinat du jeune Guermah dans une brigade de gendarmerie, qui allait provoquer une onde de choc chez les jeunes, s'est mis en place une coordination de comités de village de la daïra de Beni Douala, mais sans référence à la tribu ou au arch. Ce n'est que le 9 mai 2001 qu'apparaît furtivement dans la presse le terme arch de Ath Irathen (Larbaâ Nath Irathen) et, d'un coup, par effet de médiatisation, on assiste à une utilisation systématique du terme arch», rappelle Brahim Salhi. La gestion de la contestation, qui a pris dès le départ une forme d'émeute, «convoque des réflexes traditionnels comme le consensus, l'horizontalité, le contrôle des masses dès lors que les médiations citoyennes étaient laminées et que le parti politique n'avait pas pour vocation de gérer ce type de situation. Une représentation de soi sur des modalités traditionnelles mais qui fonctionnait sur un mode de millénarisme», analyse le conférencier.
Cependant, si le mode d'organisation était de type traditionnel, «il est certain que ce mode ne disait pas les mêmes choses. Les réalités empiriques et les modes de représentation ne sont pas dans des schémas traditionnels», ajoute encore M. Salhi.
Et d'ajouter comment le discours officiel a repris à son compte l'utilisation du terme arch dans l'objectif de circonscrire la contestation et d'éviter la contagion. «Le langage officiel a repris à son compte le terme arch dès la marche du 14 juin 2001 en le couplant avec la revendication linguistique, alors qu'elle ne figurait qu'au quatrième rang dans la plateforme d'El Kseur. La démarche du pouvoir consistait à confiner la constatation dans des limites géographiques, voire ethniques, pour éviter la contagion», a analysé le professeur Salhi.
Le conférencier a tenté un parallèle avec la crise du PPA-MTLD de 1949. «Une crise politique à laquelle était confronté le PPA-MTLD a été réduite à une crise berbériste ce qui, à ce moment-là, verra la naissance du syndrome de la sédition», conclut Brahim Salhi.
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