
Le directeur de campagne de Bouteflika a abordé la revendication historique de la région, à savoir l'officialisation de tamazight. Sans jamais prononcer le mot "officialisation", Sellal a promis d'?uvrer à son "développement".Après l'affront essuyé samedi à Béjaïa, la direction de campagne de Bouteflika, s'appuyant sur ses relais, a sorti "la grosse artillerie" pour permettre la tenue du meeting de Abdelmalek Sellal, hier, à Tizi Ouzou. Comme il fallait s'y attendre, rien n'a été laissé au hasard. Outre la "clientèle" convertie en comité de vigilance dans tout le centre de la ville des Genêts, tout l'itinéraire que devait emprunter le cortège de M. Sellal, d'Alger jusqu'à la maison de la culture Mouloud-Mammeri, a été hautement sécurisé. Cette enceinte, qui devait abriter le meeting, était surveillée de très près par des policiers et des vigiles engagés par la direction locale de campagne de Bouteflika, chapotée par Ould Ali El-Hadi, directeur de la maison de la culture. Pour y accéder, il fallait passer par un scanner installé à la seule porte laissée ouverte à cette occasion. Les organisateurs arrivaient à peine à dissimuler leur panique, la présence de manifestants aux alentours ayant été constatée. On apprenait qu'ils étaient empêchés d'avancer du côté de la Maison de la culture par un important dispositif d'éléments de la police et de la gendarmerie. Vers 10h, on a procédé à la fermeture de la Maison de la culture et personne ne sera autorisé à y entrer ou sortir. À l'intérieur de la salle, des tubes de la chanson kabyle étaient diffusés en boucle. Mais l'animateur parlait en... chaoui. Pour la première fois depuis le début de la campagne électorale, M. Sellal fera son entrée par la même porte que le public et traversera toute la salle avant de monter sur scène, en compagnie de deux descendants de grandes figures de la Révolution algérienne issus de la wilaya de Tizi Ouzou : il s'agit du neveu d'Abane Ramdane et du fils du colonel Mohand Oulhadj. Même le chanteur Akli Yahyaten sera de la partie. L'autre présence remarquée était celle du magnat de la région, réputé proche du président Bouteflika, Ali Haddad. Pour "remonter le moral" de M. Sellal, certainement affecté par les évènements de Béjaïa, plusieurs autres personnalités issues de la région, à l'instar du maire d'Alger-Centre, Abdelhakim Bettache, ont tenu à l'accompagner lors de cette sortie qui s'annonçait périlleuse, à leurs yeux. Ce qui a semblé, d'ailleurs, donné du tonus au directeur de campagne de Bouteflika qui y tiendra son plus long discours depuis le début de la campagne : près d'une heure.Auparavant, il a déposé une gerbe de fleurs sur la stèle érigée à l'entrée de la ville à l'effigie du chantre de la chanson kabyle, Lounès Matoub. Visiblement ragaillardi, M. Sellal commencera par un salut en tamazight : "Azul amokran fellawen." Et d'enchaîner par une série d'hommages à plusieurs figures de la région, notamment des martyrs, d'anciens moudjahidine et des artistes qu'il citera par leur nom.Du colonel Mohand Oulhadj et l'historique Abane Ramdane à Hocine Aït Ahmed en passant par les Aït Menguelet et Matoub Lounès, il nommera presque toutes les grandes figures ayant marqué de leur emprunte l'histoire de la Kabylie et de l'Algérie. Hier, M. Sellal était un homme heureux et il le dit : "Aujourd'hui, je suis très heureux de votre accueil ; c'est un accueil d'hommes aux moustaches et de femmes aux beaux cheveux."Le message étant lourd de sens, M. Sellal se ressaisira néanmoins, plus loin, en tenant à rendre hommage également aux citoyens de Béjaïa d'où il été "chassé" la veille... Et M. Sellal de transmettre aux Tizi-Ouzouéens le message de "fraternité" du candidat "absent" qu'il avait, dit-il, rencontré la veille. Ceci, avant de rappeler la phrase de Bouteflika, prononcée à Tizi Ouzou en 2009 : "Aujourd'hui, je peux mourir tranquille" en guise de soulagement à la paix retrouvée par le bastion kabyle après les douloureux évènements du Printemps noir.À se fier aux propos de Sellal, si Bouteflika est encore là, cinq ans après, c'est parce que ses partisans l'ont prié de rester... "vivant" ! "Oui, c'est nous qui lui avons demandé de rester vivant, avec nous, pour atteindre nos objectifs (...)". Se permettant quelques phrases dans sa langue maternelle, le kabyle qu'il maîtrise visiblement mal, M. Sellal ne manquera pas d'aborder la revendication historique de la région, à savoir la promotion et l'officialisation de la langue et de culture amazighes. Sans jamais prononcer le mot "officialisation", M. Sellal s'engage à ?uvrer pour le "développement" de cette culture qu'il reconnaît comme "l'une des constantes fortes" du pays. Après sa promotion en tant que langue nationale, selon lui, par Bouteflika, il préconise désormais "d'aller progressivement à autre chose". Il s'explique : "Il faut développer tamazight pour qu'elle puisse jouer pleinement son rôle en tant que culture et constante nationale." M. Sellal ne prendra toutefois aucun engagement concret. Il se contente de rappeler, en revanche, que "Tizi Ouzou a besoin de l'Algérie tout comme l'Algérie a besoin de Tizi Ouzou". Pour lui, le concret est ailleurs : il s'agit de continuer à donner des logements aux citoyens "jusqu'à satisfaction de l'ultime demande", mais aussi le maintien et l'encouragement de la politique de l'emploi, à savoir, entre autres, permettre aux jeunes l'accès au dispositif Ansej. Désormais, M. Sellal rassure, à ce titre, même sur une certaine permissivité de l'Etat. "Ils disent que certains jeunes emprunteraient des crédits Ansej rien que pour se marier. Où est le problème ' Ils ont le droit de se marier, non '" Le message est clair : les jeunes pourraient se servir... durant le 4e mandat.F. A.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farid Abdeladim
Source : www.liberte-algerie.com