Tizi-Ouzou - A la une

Plus de 70 rapts depuis 2005 à Tizi Ouzou Le phénomène des kidnappings prend de l'ampleur en Kabylie



Plus de 70 enlèvements ont été enregistrés dans la wilaya de Tizi Ouzou ces dernières années.
C'est à Maâtkas, une localité sise à 25 km au sud du chef-lieu de wilaya, que les premiers actes d'enlèvement ont été perpétrés, souvent dans de faux barrages dressés par des groupes armés. Ainsi, au milieu de la dernière décennie, cette commune a, en un laps de temps très court, enregistré pas moins d'une dizaine de rapts. Puis, le phénomène s'est étendu progressivement aux quatre coins de la wilaya, où le citoyen appréhende de se faire kidnapper à tout bout de champ.
Des habitants de Boghni, Ouadhias, Ouacifs, Tigzirt, Mekla, Draâ El Mizan et Azazga, entre autres, ont vécu la terreur. Le cogérant d'une importante entreprise de travaux publics avait fait l'objet d'un rapt, en 2006, dans la daïra d'Azeffoun, au nord-est de Tizi Ouzou. Il a été relâché après cinq jours de captivité contre le versement, aux ravisseurs, d'une rançon de plusieurs milliards. Ces derniers ont réédité le même procédé avec d'autres commerçants et des chefs d'entreprise de la région, au point de faire fuir des investisseurs qui ont délocalisé leurs établissements vers d'autres wilayas. La région est à genoux sur le plan économique. Au chef-lieu de wilaya, tout comme au niveau des localités éloignées, le constat est identique dans la mesure où des actes criminels sont très souvent signalés.
La recrudescence de la violence terroriste et du grand banditisme a exaspéré la population. Jusque-là, aucune source n'a pu confirmer ou infirmer l'appartenance des auteurs des rapts en Kabylie à un quelconque groupe terroriste. Seulement, certains attribuent ces actes aux terroristes affiliés à l'ex-GSPC, alors que d'autres pensent que ces kidnappings sont l''uvre de groupes de bandits organisés, faisant le lien avec le nombre important de véhicules subtilisés dans des faux barrages. En octobre 2012, le tribunal criminel près la cour de justice de Tizi Ouzou a condamné, à la peine capitale, huit membres d'un gang accusés dans l'affaire Hend Slimana, l'entrepreneur blessé en novembre 2010, lors d'une tentative de kidnapping dans la commune d'Aghribs, à l'est de Tizi Ouzou. Il a succombé à ses blessures deux jours plus tard.
Les mis en cause, auteurs de plusieurs autres actes, utilisaient les mêmes procédés que les terroristes. Ils opéraient notamment à l'est de la wilaya de Tizi Ouzou et à l'ouest de Béjaïa.
Dans d'autres cas, certaines victimes de rapt affirment, après leur libération, que leurs ravisseurs sont des islamistes armés, comme à Beni Douala où on a souvent parlé du groupe de l'émir El Khechkhache.
Ce dernier a été mis hors d'état de nuire en janvier 2012. Même chose à Maâtkas et Boghni, où les citoyens évoquent toujours les noms de Youcef El Harrachi et El Manchot, deux terroristes connus dans le versant sud de la wilaya.
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