Tizi-Ouzou

Plaidoyer pour une stratégie basée sur les spécificités régionales



Plaidoyer pour une stratégie basée sur les spécificités régionales
Si certains villages sont gâtés en matière d'accès à l'énergie puisque ayant bénéficié du programme de raccordement au gaz naturel, d'autres, perchés à plus de 1000 mètres d'altitude avec des reliefs difficiles d'accès, continuent à subir les rigueurs de l'hiver.Les coupures d'électricité qui interviennent régulièrement en période de tempête n'arrangent guère la situation des habitants des monts du Djurdjura, du Chenoua, les babors ou les Aurès.«Même l'électricité n'est pas garantie», regrette Boukhe-touche Mohand, maire de Souamaa, un village de la localité de Mekla, dans la wilaya de Tizi Ouzou, pour qui les conditions ne sont guère faciles dans les régions montagneuses en saison hivernale et même durant toute l'année. Des difficultés qui justifient selon lui la nécessité de doter les montagnes d'un fonds spécial de développement qui prendrait en charge les principales préoccupations des citoyens à tous les niveaux. Il s'agit aussi, selon notre interlocuteur, de bien exploiter les richesses de ces régions.En matière d'énergie par exemple, M. Boukhetouche proposera l'utilisation du barrage de Taksebt pour la réalisation d'une station hydroélectrique et produire de l'électricité au lieu de subir les coupures récurrentes tant en hiver qu'en été. Et ce, d'autant que l'acheminement de l'énergie coûte cher. Il y a lieu également d'encourager les citoyens via les subventions pour placer des kits solaires. Mais plus globalement, le plus important est d'assurer un certain équilibre régional en prenant en considération les spécificités territoriales en valorisant les richesses et non pas «en poussant les gens à la révolte. Gouverner, c'est prévoir», rappellera M. Boukhetouche.De son côté, Challane Foudil, élu de la localité d'Adekar à Béjaïa, soulève l'absence de réflexion pour l'élaboration d'un plan de développement spécifique à chaque région.«Des régions dont les besoins sont différents, mais qui sont victimes d'une politique générale infondée et parfois dangereuse. C'est ainsi qu'ils ont brisé l'opportunité d'une complémentarité économique», relèvera-t-il soulignant par ailleurs que les régions montagneuses devraient recevoir des aides spécifiques ayant des liens objectifs avec le bien-être de l'individu. «C'est sur cette approche des besoins que l'Etat doit travailler afin de définir les lacunes et les empêchements qui handicapent la population d'une région par rapport à une autre d'avoir accès à un minimum du confort et des conditions de vie décentes», soulignera t-il encore. Et de s'interroger : «Est-ce que cela est possible dans une société touchée par la misère sociale ' Est-ce que les citadins pourront comprendre cette exception ' Est-elle déjà une faveur où un avantage '» Pour rappel, en 2011, un mouvement populaire au niveau de la commune d'Adekar avait été initié pour dénoncer les injustices sociales touchant directement la région. Une plateforme revendicative avait déjà été déposée au cabinet du wali.L'un des points les plus importants concerne les chauffages. Un problème qui continue à se poser avec l'arrêt du programme de raccordement au gaz naturel au moment où «des concessions politiques sont accordées pour d'autres régions». «Or, un Etat fort doit trouver un juste équilibre», estime dans le même sillage l'élu d'Adekar. Un avis que partage le maire de Gerrouma (Lakhdaria, dans la wilaya de Bouira) pour qui les mesures sont à arrêter en fonction des spécificités régionales.Ce que relèvera par ailleurs le vice-président de l'APC de Bouzeguène, Djaoui Abdelkrim, pour qui le gouvernement n'agit que sur la pression des populations. «Ce n'est pas normal pour un pays qui dispose de moyens. Ces situations ne doivent pas exister. Aux pouvoirs publics d'agir en mettant en place une stratégie de spécifications pouvant permettre l'essor des régions et leur contribution au développement économique.» Or, cela tarde à se réaliser. Et pourtant, ce ne sont pas les propositions qui manquent à cet effet. Un travail a déjà été fait à Tizi Ouzou en collaboration avec des universitaires. Mais les ambiguïtés et les blocages persistent.
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