Tizi-Ouzou - A la une

Plaidoyer pour la création d'un observatoire de prévention



Le professeur Boulassel du service de médecine légale du CHU Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou, qui participait, à l'EHS d'Oued Aïssi, à la journée scientifique sur l'autisme et qui a consacré sa communication à la violence en milieu scolaire, a estimé que ce phénomène est, certes, un sujet d'actualité dont on ne cesse de parler, mais qui demeure en Algérie, a-t-il souligné, un fléau social qui n'a pas été assez étudié et qui a besoin d'être traité de manière globale à l'échelle de la société."La connaissance de la violence scolaire demeure relativement limitée, mais l'information disponible nous informe déjà sur son importance et son ancrage dans les pratiques sociales. L'observation et la production de données sur les violences constituent le premier moyen d'action et permettent, si les données sont suffisantes et fiables, de concevoir et de mettre en place des politiques et des programmes adaptés", a-t-il expliqué.
Pour répondre à ce besoin de compréhension, et aussi de prévention, de la violence en milieu scolaire, le professeur Boulassel estime nécessaire, et même incontournable, la création d'un observatoire. Un observatoire qui aura comme but, a-t-il précisé, le contrôle, la sensibilisation et l'information. Pour le professeur Boulassel, cet observatoire doit contenir une cellule de vigilance, de prévention et d'accompagnement, ainsi que des cellules de coordination, de suivi et d'accompagnement dans les wilayas.
Outre cet instrument, ce même spécialiste en médecine légale préconise également l'institution d'une journée nationale pour l'école en sécurité, ainsi que la vulgarisation et l'encouragement des expériences positives dans le domaine de la prévention et de la lutte contre la violence en milieu scolaire.
Abordant les caractéristiques de la violence en milieu scolaire en Algérie, le professeur Boulassel a souligné d'emblée que la plupart de ces violences sont enregistrées dans le cycle primaire avec un taux de 52% contre 35% dans le cycle secondaire et 13% dans le cycle moyen.
Par leur type, dit-il, ce sont les insultes qui se taillent la part du lion avec 44,20%, suivies des violences physiques avec 17,80%, puis des menaces avec 17,47%, des insolences avec 13,15%, des vols avec 4,68% et du harcèlement avec 0,21%. Selon les protagonistes, a-t-il poursuivi, 80% de ces violences ont lieu entre élèves, 13% entre élèves et enseignants, 5% entre enseignants et élèves et 2% entre enseignants.
Lors de sa communication, l'orateur a tenu à souligner notamment que "les violences en milieu scolaire sont un phénomène social dont les causes et les conséquences dépassent le simple cadre scolaire". "Il y a des causes endogènes comme les infrastructures, les mauvaises conditions de travail des enseignants et les méthodes d'enseignement et des programmes scolaires sexistes et violents, puis aussi des causes exogènes à l'école comme les causes sociales et culturelles et les causes économiques.
Des violences, ainsi produites, peuvent découler des conséquences, à court terme, graves sur la santé physique et psychologique des enfants, à moyen terme sur la scolarisation des enfants et à long terme sur le développement socioéconomique", a prévenu le même professeur.

Samir LESLOUS
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