De notre correspondant à Tizi Ouzou
Lakhdar Siad
L'échec de la lutte contre l'informel et l'ampleur de ce dernier dans les plus importants marchés de tous les secteurs a conduit à la perte progressive (processus peut-être devenu irréversible) du contrôle de la majorité des flux marchands sur tout le territoire algérien. Pouvoirs publics, syndicats et autres associations des consommateurs s'avouent impuissants devant la grave tournure prise ces deux dernières décennies par l'informel qui brasse des milliards par an et fait perdre autant au Trésor public. Du ministère concerné jusqu'aux directions de wilaya, on avance toujours les mêmes justificatifs de la désorganisation des marchés de gros, les faiblesses de la grande distribution et l'inadéquation quantitative et qualitative des effectifs ou des moyens matériels, pour expliquer l'impuissance de l'appareil de l'Etat face à la pieuvre et ses tentacules, la laissant ronger tranquillement toute l'économie et faisant éloigner tout espoir de développement socio-économique.Alors qui, dans ce cas de rejet mutuel de la responsabilité de la genèse du problème et de la lutte contre cet état de fait, se soucie du pouvoir d'achat des franges populaires ' Les administrations et responsables de tutelle ne daignent s'expliquer devant les dépassements insupportables des différents marchés de fruits et légumes et autres dépositaires de produits alimentaires que lorsque la tension sociale est à son pic, frisant l'émeute. Dans un mémorandum de 74 propositions du Cnes et de l'Ugta à l'adresse du chef de l'Etat, rendu public la semaine dernière, il y est souligné que les prix connaissent un «emballement inquiétant (') porteur de perturbations». Quand des organisations sociales plus ou moins enclines à la conciliation avec le gouvernement prennent un ton d'alerte pour décrire la situation économique précaire de millions d'Algériens et demandent l'intervention de la plus haute instance du pays, qu'elles exhortent à sauvegarder le pouvoir d'achat, la réhabilitation de l'accès au crédit et la valorisation de la production nationale, il y a de quoi douter de la gravité des conditions de vie des Algériens rapportée par les officiels dans leurs comptes-rendus destinés à l'opinion publique locale et internationale. Les deux entités faisaient référence à des statistiques de l'ONS (mai 2012) au sujet de l'inflation qui a atteint 12,4% dans le segment des produits alimentaires. Et la coïncidence de la fête de l'Aïd avec la rentrée scolaire est appelée à donner plus de tracasseries financières aux pères de familles pour satisfaire leurs progénitures de plus en plus exigeantes, sachant que le salarié algérien consacre 10% de son revenu à l'achat de vêtements, selon une étude réalisée par l'Union générale des commerçants et artisans algériens (Ugcaa), qui estime à 500 milliards de dinars/an le marché de l'habillement en Algérie. Alors que les prix des fruits et légumes ont connu des augmentations inégalées en un laps de temps record, sans la moindre justification sinon celle de la montée de la demande et sans la moindre intervention conséquente des agents des directions commerciales concernées ; surtout que les prix affichés de certains fruits et légumes ont quasiment doublé ou plus en seulement quelques jours dans toutes les localités de la wilaya de Tizi Ouzou, sans oublier de souligner que la majorité des produits alimentzires de première nécessité ont connu des augmentations allant de 15 à 30% dès le début du Ramadhan, le 19 juillet dernier. Et le consommateur dans ce labyrinthe ' Il crie toute sa colère à longueur de journée sur les places publiques et surtout dans les marchés et les magasins d'alimentation générale et, ne comprend pas comment étant la seule victime de ce «marché de dupes», aucune autorité ne vient à sa rescousse mais ne semble pas, d'autre part, tellement emballé pour une riposte organisée pour défendre ses droits, le terrain des associations des consommateurs étant lui aussi squatté par endroits par des «parasites» infiltrés et déguisés en
syndicalistes défenseurs des couches populaires défavorisées. Pourtant, seuls les consommateurs peuvent donner un coup de pied dans la fourmilière de la spéculation des gros bonnets du marché à l'échelle du pays. Les institutions de l'Etat n'auront d'autre choix que de suivre.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L S
Source : www.latribune-online.com